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21 janvier 2015

VOTRE AVIS NOUS INTERESSE !

Voici un an paraissait la première édition d’Actualités des addictions : savoirs, connaissances et pratiques.

Aussi, à l’occasion de cette date anniversaire et pour nous aider à mieux connaître et répondre à vos attentes, nous vous serions très reconnaissants de bien vouloir répondre à cette enquête en ligne qui ne vous prendra que quelques minutes.

POLITIQUE DES DROGUES

Le cannabis profite au Colorado

Depuis le 1er janvier 2014, date d’ouverture de la première boutique de vente au détail de cannabis, le Colorado a vu son taux de criminalité chuter et, non sans surprise, la fréquence des accidents de la route diminuer sensiblement (-3%). L’Etat enregistrait sur la même période des recettes fiscales importantes – à hauteur de 40,9 millions de dollars entre janvier 2014 et octobre 2014, dont une partie sera allouée à la prévention et à l’éducation des jeunes populations - et générait de nouveaux emplois : 16 000 personnes étaient autorisées à exercer un métier dans l’industrie du cannabis au 31 décembre 2014. Une épopée florissante qui devrait susciter des émules…

Source : "Marijuana legalization in Colorado after one year of retail sales and two years of decriminalization", Drug policy alliance

 

VU D'AILLEURS

Les vertus des cannabis social clubs en Espagne

Un article publié par le think tank Transform  s’attarde sur ces associations « de nouvelle génération » que sont les cannabis social clubs, nouveaux espaces de sociabilité où la culture et la consommation de cannabis sont autorisées à des fins récréatives. La souplesse relative de la loi espagnole a permis l’émergence de ces clubs dont le mode de fonctionnement et l’éthique montrent que la légalisation du cannabis peut être autre chose qu’un marché lucratif et, dans une vision collective et responsable de la réduction des risques, améliorer l’approche de santé publique de la consommation. Cette approche originale a déjà inspiré de nombreux pays, comme l’Uruguay, qui en a fait un élément clé de sa politique de régulation du marché du cannabis, ou encore de façon plus informelle l’Argentine, le Chili et la Belgique.

Source : George Murkin, "Cannabis social clubs in Spain: legalisation without commercialisation", 6 janvier 2015

REDUCTION DES RISQUES

Recherche vaccin désespérément

L’hebdomadaire américain Time se fait l’écho du désarroi et des résistances rencontrées par les chercheurs impliqués dans la recherche et le développement de vaccins pour traiter les addictions, notamment l’addiction à l’héroïne. Faute d’investisseurs pour soutenir des essais cliniques, des travaux extrêmement prometteurs sur des modèles animaux demeurent à l’état de promesse tandis que le nombre de décès par overdoses d’opiacés n’a cessé de croître aux Etats-Unis, avec des usages répandus dans toutes les strates de la société américaine. Outre le manque de financement, un moindre engouement de la part de la communauté médicale permet d’expliquer pourquoi ce domaine d’investigation peine à se développer. En effet, quelques expérimentations malheureuses – avec des résultats décevants pour un vaccin à l’attention des fumeurs de cigarettes à base de nicotine, et plus récemment un vaccin contre l’addiction à la cocaïne – ont jeté un discrédit sur les recherches en cours. De plus, certains experts jugent cette approche trop spécifique et restrictive au regard de la dimension physique et psychologique de l’addiction. A ces réserves, les chercheurs qui continuent de croire en ces vaccins opposent la chance de gains colossaux pour la santé publique, sans commune mesure avec les besoins actuels de la recherche.

Source : Alexandra Sifferlin, "Why you’ve never heard of the vaccine for heroin addiction", 9 janvier 2015

 

Temps de travail hebdomadaire et consommation d’alcool à risque

Une méta-analyse issue de l’examen systématique des données de 63 études (34 études transversales, 2 études longitudinales et 27 bases de données non publiées dont 18 exploitées pour des analyses prospectives), met en évidence une association entre temps de travail hebdomadaire et consommation d’alcool suggérant un sur-risque de consommations d’alcool importante pour les individus effectuant des semaines de travail plus longues que les durées de travail conventionnelles (IC 95 % [1.05 ; 1.18]. Ainsi, comparés aux individus travaillant entre 35 et 40 heures par semaine, les individus travaillant plus de 55 heures par semaine verraient leur consommation d’alcool multipliée par 1,12 [1,01 ; 1.25] tandis que les individus travaillant entre 49 et 54 heures par semaine, multipliée par 1,13 [1.02 ; 1.26]. Aucun effet significatif de genre, de groupe socio-économique, d’âge ou d’échantillonnage n’a été constaté.

Source : "Long working hours and alcohol use: systematic review and meta-analysis of published studies and unpublished individual participant data",  BMJ, 13 janvier 2015; 350
Auteurs : Marianna Virtanen, Markus Jokela, , Solja T Nyberg, Ida E H Madsen, Tea Lallukka, , Kirsi Ahola, Lars Alfredsson, G David Batty, Jakob B Bjorner, Marianne Borritz, Hermann Burr, Annalisa Casini, Els Clays, Dirk De Bacquer, Nico Dragano, Raimund Erbel, Jane E Ferrie, Eleonor I Fransson, Mark Hamer, Katriina Heikkilä, Karl-Heinz Jöckel, France Kittel, Anders Knutsson, Markku Koskenvuo, Karl-Heinz Ladwig, Thorsten Lunau, Martin L Nielsen, Maria Nordin, Tuula Oksanen, Jan H Pejtersen, Jaana Pentti, Reiner Rugulies, Paula Salo, Jürgen Schupp, Johannes Siegrist, Archana Singh-Manoux, Andrew Steptoe, Sakari B Suominen, Töres Theorell, Jussi Vahtera, Gert G Wagner, Peter J M Westerholm, Hugo Westerlund, Mika Kivimäki

EPIDEMIOLOGIE

Absence de données d’efficacité sur le long terme des opioïdes en contexte de douleurs chroniques

Si les risques liés à l’usage d’opioïdes sont aujourd’hui connus et bien documentés et parmi ceux-ci le risque d’overdose, d’abus, de dépendance ou d’infarctus du myocarde, il n’en est pas de même de son efficacité antalgique sur le long terme et ce malgré des prescriptions et des dosages en constante augmentation. Menée à partir d’une revue systématique de la littérature, une nouvelle étude parue dans les Annals of internal medicine souligne en effet l’absence d’essais randomisés contrôlés d’efficacité des opioïdes sur le long terme (égale ou supérieure à 1 an)  chez les patients atteints de douleurs chroniques : une grande partie des études cliniques présentant des biais méthodologiques et n’allant pas au-delà d’un protocole de suivi sur 16 semaines,  les auteurs en concluent à la nécessité de conduire de nouvelles recherches susceptibles d’accompagner les prescripteurs dans leur stratégie thérapeutique.

Source : Roger Chou,  Judith A. Turner,  Emily B. Devine, Ryan N. Hansen, Sean D. Sullivan, Ian Blazina, Tracy Dana, Christina Bougatsos, Richard A. Deyo, "The effectiveness and risks of long-term opioid therapy for chronic pain: a systematic review for a National Institutes of Health pathways to prevention workshop", Annals of internal medicine, 13 January 2015

RECHERCHE FONDAMENTALE

Un nouveau paradigme pour la neurobiologie de l’addiction à la cocaïne

Une étude originale, parue dans la revue Neuropsychopharmacology, propose, à rebours des travaux basés sur le modèle de compréhension dominant construit sur un dispositif expérimental d’auto-administration de cocaïne en mode continu avec escalade de doses, le recours à un modèle d’auto-administration intermittente, intégrant les aspects temporels discontinus de la prise de cocaïne (sevrage, périodes d’abstinence). L’auto-administration intermittente de cocaïne induit des altérations neurochimiques spécifiques qui affectent, outre le système dopaminergique, la puissance et le renforcement positif de la cocaïne. A l’aune de ces données qui confirment les effets neurochimiques importants de l’intermittence, la capacité de ce modèle à refléter avec plus d’acuité que le modèle d’auto-administration en mode continu ce qu’il en est du processus addictif chez l’homme et notamment de la sensibilité comportementale, ne fait plus question selon les auteurs.

Source : Erin S Calipari, Cody A Siciliano, Benjamin A Zimmer, Sara R Jones, "Brief Intermittent cocaine self-administration and abstinence sensitizes cocaine effects on the dopamine transporter and increases drug seeking", Neuropsychopharmacology (2015) 40, 728–735
doi:10.1038/npp.2014.238

PHARMACOLOGIE

Le Sativex sans effet significatif sur les douleurs d’origine cancéreuse

Bien que prometteur dans le cadre d’essais précliniques préliminaires sur les douleurs associées à certains cancers, le Sativex, médicament sous forme de spray buccal à base de cannabis développé par le laboratoire GW Pharmaceutics, approuvé pour l’instant dans le traitement de la spasticité chez les patients atteints de sclérose en plaques, n’a pas produit les données attendues dans le cadre d’un essai thérapeutique contrôlé. En effet, les résultats n’ont pas permis de conclure à l’efficacité du Sativex faute de différence statistique significative en termes de diminution de la douleur chez les patients sous Sativex vs. les patients sous placebo. Devant cet échec relatif, le cours de l’action de GW Pharma a chuté sensiblement, preuve s’il en est besoin des intérêts des investisseurs quant à ces innovations. GW Pharmaceuticals développe également Epidiolex avec de premiers résultats encourageants sur les formes  d’épilepsies résistantes aux traitements classiques chez l’enfant. Une étude de phase III est attendue courant 2015.

Source : Ben Hirschler, "GW Pharma's cannabis drug fails in cancer pain study, shares fall", Reuters, 8 janvier 2015


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