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Retrouvez dans cette Newsletter un condensé des dernières activités  de l'Eurodéputé  Ecolo Philippe LAMBERTS. Pour plus de contenu, rejoignez-le sur www.philippelamberts.eu

Face à la mondialisation, le choix de l'Europe

Alors que le 1er anniversaire de mon deuxième mandat vient de passer, je ne peux manquer de caractériser son exercice comme celui d’un combat, celui qui oppose la souveraineté démocratique à celle des puissances de l’argent. C’est ici qu’on constate que la crise financière de 2007-2009, qui avait pu faire croire à la possibilité d’inverser le cours de la financiarisation de tout, est désormais bien loin. De plus en plus clairement, l’action des institutions européennes – la Commission présidée par Jean-Claude Juncker, le Conseil qui réunit les 28 gouvernements sous la houlette de Donald Tusk, ainsi que l’Eurogroupe dirigé par Jeroen Dijsselbloem ou encore la Banque Centrale Européenne gouvernée par Mario Draghi  mais aussi, et je le regrette, trop souvent le Parlement dont je fais partie – semble motivée par le seul souci de veiller aux intérêts des grandes entreprises – financières ou autres – et de leurs actionnaires.

(Ré)autorisation de 19 OGMs, mise au placard du projet de scission des banques de dépôt et d’affaires ou de l’interdiction des perturbateurs endocriniens, mise sous tutelle du pouvoir de légiférer – sous le nom de code «better regulation » - en particulier en abandonnant toute ambition de légiférer dans les domaines social et environnemental, au motif que cela handicaperait la compétitivité de nos entreprises… Voilà autant de marqueurs clairs de l’orientation ultra-libérale – il serait plus correct de parler de « pro-big business » – de la plupart des dirigeants politiques en Europe. Bien évidemment, les projets les plus symptomatiques de ceci sont ces traités internationaux comme le CETA (avec le Canada), le TTIP (avec les Etats-Unis) ou encore le TiSA (sur la libéralisation des services). Bien plus que de libéraliser le commerce, ils visent à définitivement brider la capacité de nos démocraties d’exercer leur souveraineté, en plaçant le droit au profit – de quelques-uns – au-dessus de tous les autres, en usant d’instruments comme la « convergence réglementaire » et les tribunaux arbitraux privés pour régler les conflits entre multinationales (qu’on ne peut plus guère appeler entreprises ou investisseurs, tant elles sont régies par un objectif de rente de court terme) et les Etats.

Cette bataille revêt un aspect décisif. En effet, si la période 2010-2012 a signé une brève offensive de la démocratie pour réaffirmer son rôle face au marché, nous sommes pour l’instant condamnés à jouer en défense, face à l’offensive renouvelée de BusinessEurope et d’AmCham, qui représentent respectivement les multinationales européennes et états-uniennes. Si nos démocraties devaient capituler devant elles, elles ne mériteraient plus guère leur nom. Par contre, si – comme je suis convaincu que c’est possible – nous devions l’emporter, en renvoyant CETA, TTIP et TiSA aux oubliettes, cela pourrait marquer un tournant majeur. Il serait alors temps de repartir à l’offensive pour non plus protéger ce qui reste de nos régimes de protection sociale et environnementale, mais bien pour remettre la dignité humaine de tous, et non pas le profit de quelques-uns, au cœur de l’action politique, c’est à dire faire de la justice sociale, de la durabilité environnementale et d’une démocratie refondée le triple objectif de nos sociétés.
 
 

TTIP: vote décisif

Ce 10 juin, le Parlement européen se prononcera sur le projet de traité transatlantique, alors que la procédure parlementaire a commencé voici 9 mois. Vous trouverez ici un décryptage des coulisses de ce vote important.
Le TTIP représente tout ce à quoi nous, écologistes, nous opposons. Comme je l'écrivais la semaine passée dans le journal POUR qui consacre son premier nouveau numéro au TTIP, c'est la démocratie qui est en péril.
Heureusement, les citoyens et la société civile se mobilisent massivement contre le TTIP - chez nous, même l'Union des classes moyennes (UCM) et la fédération wallonne des agriculteurs (FWA) se sont récemment prononcées en défaveur du traité. Et la pétition citoyenne Stop TTIP vient de passer le cap des 2 millions de signataires - n'hésitez pas à y ajouter la vôtre, c'est par ici.

Minerais de conflit: une belle victoire

Au terme d'une lutte épique, une majorité de députés européens ont voté en faveur d'un projet de règlement visant à briser les liens entre l’extraction des minerais, le commerce des produits qui en sont composés et le financement des conflits armés. Nous demandons une transparence obligatoire tout au long de la chaîne d'approvisionnement, depuis la mine ou le lieu d'extraction jusqu'au consommateur final. Reste maintenant à voir si les gouvernements nationaux seront à la hauteur...Plus de détails par ici.
Cette victoire prouve également que la mobilisation citoyenne n'est pas vaine: les très nombreuses voix qui s'étaient élevées pour réclamer des règles de transparence ont largement contribué à faire pencher la balance du bon côté.
 

Séparation bancaire: la paralysie

La commission des affaires économiques et monétaires s'est prononcée le 26 mai sur le projet de règlement relatif à la réforme structurelle du secteur bancaire. Etonnamment, le rapporteur Hökmark n'a pas réussi à s'assurer une majorité ; son rapport a été rejeté, mais la séparation bancaire que nous appelons de nos voeux n'en est pas pour autant en bonne voie : le Parlement n'a tout simplement pas réussi à exprimer une position claire en la matière. Quelques explications par ici.

"Better regulation", un coup de force antidémocratique

La Commission européenne a présenté le 19 mai son paquet de propositions « Mieux légiférer pour de meilleurs résultats ». Sous la responsabilité du premier Vice-président, Frans Timmermans, le projet prétend alléger la charge administrative de la législation européenne. Son objectif véritable est de cadenasser l’action des législateurs européens en plaçant les élus sous la tutelle de comités d' « experts indépendants » et des 650 technocrates du tentaculaire secrétariat général de la Commission. L'Echo publiait ce 29 mai ma carte blanche à ce sujet, à lire ici.

Agenda européen sur la migration

À la suite des naufrages meurtriers à répétition dans la Méditerranée, la Commission européenne présentait le 13 mai son agenda sur la migration - notre réaction est à lire ici. Deux semaines plus tard, la Commission exposait sa proposition de quotas pour les demandeurs d'asile; la France et l'Allemagne ont eu vite fait de publier une position commune sabotant la solution proposée et la solidarité intra-européenne pour l'accueil des migrants. Plus d'informations par ici.

 
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