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Communiqué de presse pour diffusion immédiate
 

Découvrez le mot franco-ontarien de la Journée mondiale du livre et du droit d'auteur 2020! 
 

Ottawa, le 23 avril 2020 — Afin de célébrer cette Journée mondiale du livre et du droit d’auteur 2020, pour le moins particulière, l’Association des auteures et auteurs de l’Ontario français a eu l'idée de demander à un de ces auteurs d'écrire un mot franco-ontarien. Nous espérons que cette initiative fera des émules au fil des années! 

Pour la petite histoire, sachez, enfin, que c’est en 1995 que l’UNESCO a proclamé le 23 avril Journée mondiale du livre et du droit d’auteur. Cette journée est actuellement célébrée dans une centaine de pays afin de promouvoir la lecture, l’industrie éditoriale et la protection de la propriété intellectuelle à travers le droit d’auteur.
 

 
Confinement. Isolement. Quarantaine. Écart. Éloignement. Distance. Contamination. Désinfection. Stérilisation. Mesures. Prévention. Précaution. Endiguement. Crise. Cris.
 
S’ensuivent et s’y succèdent, tout à coup ou progressivement, c’est selon, frémissement, incertitude, méfiance, menace, implosion, isolement, solitude, terreur, panique, hystérie.
 
Nous célébrons la Journée mondiale du livre et du droit d’auteur (JMLDA) dans un climat sans précédent où le doute, la séquestration et la tiédeur sont préconisés, fortement recommandés, puis ordonnés. Il n’en demeure pas moins que nous la célébrons. Célébrer ? Dans de telles conditions ? Oui. Plus que jamais. Pour nous ancrer avec frottis et nous soustraire au flottement.
 
Nous célébrons les créatrices et les créateurs littéraires de tout genre, de toute allégeance, de toute langue et de tout courage et le droit de l’être dont elles et ils jouissent.
Nous célébrons les éditeurs de partout au monde et, plus particulièrement, personnellement et fébrilement de ma main, le Regroupement des éditeurs franco-canadiens (REFC), les éditeurs franco-canadiens et les éditeurs franco-ontariens.
Nous célébrons les associations de créatrices et de créateurs littéraires, qui, à l’instar de l’AAOF, favorisent, catalysent et assurent le ralliement, le progrès et la concrétisation, en intervenant sans relâche et avec dynamisme auprès des décideurs politiques et de leurs homologues d’autres disciplines artistiques pour provoquer et identifier diverses opportunités. 
Nous célébrons la Commission du droit de prêt public.
Nous célébrons Access Copyright.
Nous célébrons la molécule du livre, soit les diffuseurs, les distributeurs, les libraires, les bibliothécaires, les médias, le milieu scolaire et le milieu postsecondaire.
Nous célébrons la lecture. Nous célébrons les lectrices et les lecteurs. 
Levons notre verre dioptrique et prismatique, devant notre écran et dans le champ de notre caméra œil magique à travers une porte fermée et boule de cristal inversée et embuée dans l’air comprimé. 
Soudain, la lucarne s’ouvre sur le monde, les images circulent comme un mobile d’origamis, l’air est vivifiant, le sérif à nos commissures est revitalisant, et nous en sommes revigorés. 
Recycler n’avait jamais été aussi pénible.
Nous célébrons.
Nous. Combustibles. Explosifs. 
Nous. Douceur atomique. Tendresse nucléaire. Humanitude irrépressiblement radioactive.
Nous. Le mot n’a jamais été aussi percutant, aussi résonant, aussi carburant, aussi pénétrant, aussi salutaire.
 
Cette année, en effet, nous célébrons ce qui est au-delà et qui nous revient comme un sourire boomerang : nous célébrons le fait qu’un droit nous est accordé. Nous célébrons au-delà du livre, de la licence et du droit d’auteur : nous célébrons le droit d’être créatrices et créateurs littéraires. Nous célébrons ce devoir qui nous incombe en contrepartie : les mots.
 
Nous devons écrire. Nous devons publier. Nous devons diffuser. Nous devons atteindre. Nous devons soulager. Nous devons guérir. Nous devons nous relever. Nous devons faire craquer nos jointures et le clavier. Nous devons faire danser les touches. Nous devons inspirer. Nous devons permettre de respirer. 
Le monde a besoin de nous, créatrices et créateurs. Le monde a besoin de nos mots en monophonie.
 
Écrivons 
pour l’indicible désir de vivre et de vaincre
pour la vie encore inédite
pour la beauté indélébile
 
pour l’enfant précurseur 
qui fait des graffitis à la craie trop effaçable dans l’entrée entre les voitures encastrées
qui arpente la cour clôturée à l’épreuve de rien surtout pas de l’envie d’en sortir
qui joue aux billes dans les trous entre les racines à la marelle dans une façade de jeu de poches à la tag avec son ombre et à cache-cache avec le miroir  
qui incarne un superhéros avec des arceaux des bâtons de majorette et des poteaux d’armature de tente
qui laboure le sol avec son traîneau
qui fait des anneaux avec des vers de terre
qui entend le gazouillis des oiseaux le crépitement du soleil et l’éclatement des nuages  
qui veut tous les voir perchés sur ses cils
 
pour l’adolescent précipité
qui en a assez des réseaux sociaux des vidéos et des photos
qui voudrait que le tableau périodique soit aussi tactile
qui hésite à s’approprier l’avenir
qui est à court d’émoticons et d’emojis
qui milite en faveur de nouvelles compétences globales
qui a froid dans son molleton couetté à l’abri des codes vides à tenter de décrypter un ciel nuageux d’invasion
qui a hâte de jouer à solitaire en équipe et en personne
qui réussit à ne pas s’instagraver
 
pour l’adulte sans âge
qui se téléporte bien et qui travaille mal depuis l’inconfort du domicile
qui est mis à pied ou démis au pied levé 
qui regarde en boucle et en reprise le jamais vu
qui se sacrifie en faisant frénétiquement les courses et en parcourant spasmodiquement le labyrinthe sans fil 
qui s’inquiète avec prudence et qui cherche à syntoniser son espoir et l’actualité
qui nettoie les gouttières sous ses paupières
qui préserve la transparence de son bocal
qui purifie l’errance du temps
 
pour les retrouvailles de l’enfant de l’adolescent et de l’adulte autour de
vœux de société
et de
jeux à satiété
pour la poignée de mains l’accolade et les embrassades
pour l’affection pandémique 
 
Écrivons pour le retour à l’anormale parce que nous aurons compris qu’il n’y a jamais eu et qu’il n’y aura jamais de normale et qu’écrire en est précisément le refus le plus absolu.
Écrivons pour ne rien prendre à la légère, pour ne rien tenir pour acquis et pour prendre et tenir nos êtres chers.
Écrivons et publions, donc, parce que jamais la réalité n’aura autant eu besoin d’imaginaire.
Trouvons-y l’épi-cure
d’intoxication
au vertige
d’aimer.

Renseignements : 
Aude Rahmani, chargée de projets et de communication de l'AAOF
Tél : 613-744-0902 | Courriel : communications@aaof.ca 


Contact pour les entrevues : Yves Turbide - dg@aaof.ca
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