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Au milieu « du bruit et de la fureur »,
prenons le temps de vivre en 2017

(message aux amis de PhiloMa)

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Bonjour,

Aux yeux de beaucoup d'entre nous, et pour une série de raisons qu’il n’est plus nécessaire de recenser, 2016 fût un
annus horribilis, tant en Belgique que dans le reste du monde.

2016 : une année pivot qui préfigure une montée en puissance des discours politiques extrémistes et populistes qui minent la confiance dans les institutions démocratiques, prônent le repli sur soi et attisent la haine de l'autre ?

Un ami au scepticisme légendaire m’a rappelé avec justesse qu'il n'y avait aucune raison fondée de croire que les choses vont plus mal (ou mieux) aujourd'hui qu'hier.

Je ne sais pas s'il est plus optimiste ou plus pessimiste que moi. Je sais seulement que je préférais le sourire généreux et authentique de Barack à la moue haineuse et prétentieuse de Donald.


Quoiqu'il en soit, d’un point de vue plus personnel, il serait peu crédible de ma part de prétendre que 2016 fût un annus mirabilis. Ceux qui suive la presse belge savent pourquoi. Les autres n’ont rien raté.

Et pourtant, grâce d'une part aux nombreuses paroles et marques de soutien bienveillantes pour lesquelles je remercie ici encore chaleureusement les auteurs et d'autre part à certaines pratiques que j’évoquerai ci-dessous, j’ai traversé cette année tumultueuse avec sérénité.

Les épreuves m’ont consolidé, m’ont  rendu plus conscient de mes forces mais aussi de mes faiblesses.

Elles ont ravivé certains de mes rêves de jeunesse.

Elles ont accru la détermination et la patience nécessaires pour avoir peut-être la chance de les réaliser et augmenté la lucidité permettant de « rencontrer triomphe après défaite et recevoir ces deux menteurs d’un même front ». (1)
De façon positive, 2016 m'a aussi confirmé la pertinence croissante des mouvements qui prônent "une autre façon de gérer les organisations" et dans lesquels je me suis engagé aux côtés d’amis tels qu’Isaac Getz et Frédéric Laloux depuis plus de 10 ans.

 
Ainsi sous mon impulsion les équipes du Ministère belge de la Mobilité et des Transports ont montré qu’il était possible, malgré les nombreuses contraintes induites par les règles administratives et une tutelle politique particulière, d’instaurer une nouvelle dynamique dans une grande organisation publique et étatique.

Malgré la brièveté de mon mandat (3 ans), certains éléments de la réorganisation initiée semblent difficilement réversibles et sont vécus positivement tant par les équipes que par les usagers des services du Service Public Fédéral.

C'est en tout cas ce que démontre une étude universitaire réalisée par Fanny Fox de l’Université de Liège qui sera publiée prochainement dans la Revue Internationale de Psychologie et de Gestion des Comportements (RIPCO – pour plus d'info n'hésitez pas à contacter directement Fanny).

Par ailleurs la mission que je termine actuellement comme CEO ad interim pour EurActiv (un média en ligne dédié aux affaires européennes) témoigne qu’il est possible, en moins de 6 mois, de redynamiser une équipe sur base des principes évoqués ci-dessus en augmentant à la fois le bien-être au travail et la performance financière et commerciale de l’organisation.

Les nouveaux bureaux et rebranding d’EurActiv seront présentés aux clients ce 23 janvier.

 

La bande-dessinée de Simmat & Bercovici, qui constitue une bonne introduction aux entreprises libérées et qui évoque entre autres ces deux transformations, montre comment la poursuite de ces principes peut mener à des résultats surprenants.
C'est donc à la fois préoccupé par notre avenir collectif et heureux d'avoir pu peut-être contribuer au meilleur fonctionnement des organisations dont j'ai eu la charge que j'ai commencé cette nouvelle année et que je vous souhaite de tout cœur, malgré ou plutôt parce que le bruit et la fureur risquent de s'intensifier, de pouvoir prendre le temps de vivre en 2017.
Comme je l’ai fait en 2016 et 2015, je ne résiste pas au plaisir de partager ci-après avec vous l’essentiel de ce que j’ai appris en 2016 et ce pour deux raisons principales :
  • Tout d’abord, même si ce que j’ai appris n’a rien d’original, j'ai la naïveté ou le désir de croire que les partager pourrait être utile à l'un ou l'autre d'entre vous (2) ;
  • Ensuite, partager publiquement avec vous ce que j’ai appris est une façon indirecte de m’aider à mettre en œuvre en 2017 les fruits de cette leçon dont je reste en effet un apprenti dans l’application journalière. Mon épouse Danièle et nos enfants, Julian (15), Miguel (12) et Alban (11) qui me supportent avec grâce au quotidien sont bien placés pour le savoir. En les remerciant de tout cœur de leur patience à mon égard, je leur offre donc les quelques résolutions qui suivent comme le signe de mon engagement pour 2017 à mieux prendre le temps de vivre avec eux et pour eux.
1. Prendre le temps d’aborder les problèmes de biais et de les dissoudre

L’impulsivité et une énergie mal contrôlée peuvent nous éloigner de nos objectifs.

La colère et même la haine peuvent nous envahir face aux personnes qui abusent de leur pouvoir.

Je l’ai vécu à plusieurs reprises cette année.

Je dois beaucoup à ceux qui m’ont aidé patiemment à comprendre que ma colère était proportionnelle à mon sentiment d’impuissance et à la peur qui l’accompagnait.

En prendre pleinement conscience a pris du temps.

Ce n’est pourtant qu’une fois la colère et la peur dissoutes que j’ai pu commencer à agir de façon plus efficace en combinant au mieux les actions frontales et de biais, les actions directes et indirectes.

Un jour peut-être arriverai-je à laisser tomber les attaques frontales, et même à ne plus devoir attaquer du tout, comme
Sun Tzu nous y invite depuis déjà 2500 ans.

2. Prendre le temps de pratiquer quotidiennement des exercices physiques et spirituels

Les exercices physiques quels qu'ils soient pour autant qu'ils soient réalisés consciemment sont une formidable opportunité de nous « ancrer » et de retrouver le contact avec notre essence profonde. En particulier lorsque les conflits ou difficultés  au travail contribuent à nous faire perdre tout contact avec la réalité.

Les exercices physiques conscients que proposent par exemple
Pierre Goirand, Eric Caulier ou Frédéric Hambye (qui a accompagné les sessions de médiation au sein du SPF) sont parfaitement complémentaires aux exercices spirituels comme la « concentration sur l’instant présent », le « regard d’en haut », la « perspective universelle » et le « dépassement du moi partiel et partial » chers à Goethe et Hadot ou encore le dialogue avec nos « dieux archétypaux » cher à Carl Gustav Jung, James Hillman ou Christine Gonze.

Tous ces exercices physiques et spirituels nous invitent à nous libérer de notre mental gambergeant et à le « redresser ».

L'image du Lotus exprime bien cette « verticalisation ». Ses racines
sont ancrées dans la terre, sa tige pousse dans l'eau et sa fleur s'épanouit dans l'air. Racines, tige et fleur représentent le corps (physique), le mental (psychologique) et l'esprit (spirituel) ; plus les racines sont bien ancrées dans la terre et la fleur tournée vers le soleil, plus la tige est droite et verticale.

En 2016 j’ai volontairement intensifié la pratique de ces exercices tant physiques que spirituels – cela m’a beaucoup aidé à rester centré au travers des épreuves.

En 2017, je ne compte pas m’arrêter.   

3. Prendre le temps de ralentir et de savourer les instants qui nous sont donnés

Le burnout qui fait florès aujourd'hui touche principalement des personnes initialement très engagées dans leur travail et d'autant plus déçues par celui-ci.

Ralentir et vivre plus consciemment peut certainement contribuer à nous rendre plus joyeux et éviter le
burnout.

Comme le montre
Hartmut Rosa, plus le rythme de la société s'accélère et plus notre bonheur semble dépendre de notre capacité à ne pas être emporté par ce carrousel infernal et à décélérer volontairement.

Ralentir ne veut pour autant pas dire « se divertir » plus : le divertissement est lui aussi le plus souvent une course folle.

Cette année j’ai décidé de ralentir dans une série de domaines. La vie n’en est que plus intense et plus belle.

Afin de ne pas flancher dans mes résolutions pour 2017, j’ai choisi de continuer à me laisser inspirer par Barack.

Durant son double mandat je suis resté fasciné par sa capacité, alors qu’il exerçait l’une des charges électives les plus importantes au monde, de rester humble, souriant et disponible pour ses collaborateurs, pour sa famille et pour toutes les personnes qu’il rencontrait.

En 2009 je réfléchissais déjà sur les
qualités que l’on pouvait attendre de lui en tant que nouveau leader.

Inspiré par son attitude durant ces huit dernières années, mes idées sur le leadership ont mûri. Indépendamment de ses réalisations en tant que Président (que je trouve dans l’ensemble plutôt positives), il restera pour moi en 2017 un modèle et une source d’inspiration dans sa façon d’être au monde, dans son apparente aisance à prendre le temps de vivre malgré ses responsabilités.

 

Vous souhaitant à nouveau de pouvoir et de vouloir également prendre le temps de vivre en 2017, permettez-moi de vous saluer avec cette vidéo du compositeur Christophe Chassol qui harmonise un speech de Barack qui résume tout.

Espérons que ce message soit entendu et résonne en 2017.

Laurent


ledoux.laurent@gmail.com

+32 478 62 14 20


(1) Extrait du poème « If » de Rudyard Kipling (1910), traduit de l’anglais par André Maurois (1918).

(2) « Etre peut-être utile… » : chaque fois que j’écris ces mots, je ne peux m’empêcher de chanter avec Jean Ferrat et sa voix chaude, les magnifiques vers d’Aragon, qui m’ont si souvent porté et donné le courage de continuer : « Quelle heure est-il quel temps fait-il - J’aurais tant aimé cependant - Gagner pour vous pour moi perdant - Avoir été peut-être utile - C’est un rêve modeste et fou - Il aurait mieux valu le taire - Vous me mettrez avec en terre - Comme une étoile au fond d’un trou ».

 
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