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INFOLETTRE N°102 - JUILLET/AOUT 2022

EDITORIAL :

L’heure pour moi de passer la main

Par Madiambal DIAGNE,
Président international

 
Gratitude, satisfaction, espoir et confiance sont les sentiments qui m'animent en rédigeant ce dernier éditorial pour l’Infolettre en tant que Président international de l'Union de la presse francophone (UPF).
 
Gratitude à l'égard de tous les membres de cette association pour son dynamisme, son caractère inclusif et sa démarche de promouvoir l'essor d'un journalisme libre et responsable, partout dans le monde et en particulier dans les espaces francophones. Vous m’avez investi de votre confiance depuis 2014, régulièrement renouvelée pendant huit bonnes années, pour diriger notre belle et grande organisation qui vient de célébrer ses 70 ans.
 
Satisfaction de missions accomplies, avec différentes équipes motivées et engagées tant au niveau du Bureau international qu’au niveau du Comité international.  Des avancées majeures dans la vie et le fonctionnement de notre organisation et surtout quant à son rayonnement, peuvent être mesurées.  L’élan du renouveau a pu être impulsé avec succès.  L’UPF s’est ainsi révélée une bonne école de vie, de management et de convivialité. Nous avons appris tous, les uns des autres !
 
Espoir que l'UPF est une organisation qui compte et qui aidera à accompagner les changements dynamiques que connaîtra le journalisme, afin de consolider du mieux les démocraties. Dans un monde en proie à diverses crises, l'UPF, en synergie avec les autres organisations faîtières des médias, sait se montrer résiliente et capable de défendre les droits et libertés des journalistes. Notre rôle est plus qu'essentiel dans toute démocratie, aujourd'hui plus que jamais. Notre sacerdoce est de continuer à œuvrer pour la promotion de la paix et l’engagement pour les valeurs de démocratie, de liberté de presse et d’opinion. Notre organisation grandit, jour après jour, ce n’est pas en si bon chemin que nous nous arrêterons.
 
Je quitte une belle expérience professionnelle et humaine dont je chérirai les leçons plus d'une vie. J’ai foi que l’organisation ne cessera de toiser les sommets. C’est aussi ce sentiment de confiance qui me remplit d’aise. Nous comptons en notre sein des compétences avérées et des talents de femmes et d’hommes qui sauront faire franchir à l'UPF de nouveaux caps ; des défis qui ont eu raison de notre volonté et de nos capacités mais aussi des défis nouveaux dans un monde en mutation. La nouvelle équipe qui sera mise en place, à l’issue de notre Assemblé générale du 24 juillet 2022 au Maroc, saura compter sur tout mon soutien.
 
Je pars mais je reste avec vous, pour toujours, parce que je vous aime ! Vive l'UPF !

49es Assises de la presse francophone
du 25 au 27 juillet, à Benguérir

Les 49èmes Assises internationales de la Presse francophone se tiendront à Benguerir (Maroc), du 25 au 27 juillet 2022
 
« Leadership féminin au sein des médias, rôle des médias dans le renforcement du leadership des femmes » est le thème retenu pour cette 49e édition.
L’UPF internationale invite au débat des femmes leaders d’horizons multiples : femmes politiques, dirigeantes de grands groupes, intellectuelles, éditorialistes et femmes actives de la société civile, dans le but de dégager une feuille de route visant le renforcement du pouvoir d’action des femmes et leur promotion.
 
Une Assemblée générale élective est prévue en marge de l'événement.

ACTUALITES 

 

France : la Présidente de la FIJ lance "l'Appel de Paris" pour libérer Julian Assange

A l'occasion d'un rassemblement de soutien à Julian Assange, Place de la République à Paris (France) dimanche 3 juillet, avec la participation notamment du SNJ, du SNJ-CGT et de nombreuses organisations, Dominique Pradalié, Présidente de la FIJ, a rappelé l'urgence de libérer Assange et a demandé à la France de lui accorder l’asile. Voici son discours.

"Julian Assange est un journaliste australien en prison, en prison pour avoir rempli sa mission de journaliste.

Julian Assange qui a fondé Wikileaks en 2006 pour répondre à l’intérêt général, a poursuivi sa mission de journaliste œuvrant pour l’intérêt général en dénonçant en 2010 des crimes de guerre de l’armée américaine en Irak et en Afghanistan. 

Les médias du monde entier ont relayé ces informations.

Il est depuis poursuivi, harcelé, discrédité, sali dans son honneur et privé de toutes ses libertés par le gouvernement américain et ses alliés britanniques et suédois.

Emprisonné par le gouvernement britannique à Belmarsh, prison de haute sécurité, depuis plus de 3 ans, après 8 ans de réclusion à l’ambassade d’Equateur, il risque d’être extradé vers les Etats-Unis qui le poursuivent pour espionnage notamment. Là-bas, il encourt jusqu’à 175 ans de prison pour espionnage! 

Nils Melzer, Rapporteur spécial sur la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, démontre, dans un livre paru en février dernier (la traduction française est prévue pour septembre), comment le Royaume-Uni et les Etats-Unis se sont concertés pour détruire Julian Assange.

Les Etats-Unis affirment que ses révélations ont mis en danger des militaires et des civils américains, or, plus de 10 ans après, aucun cas concret de ces accusations n’a été porté à la connaissance du monde par les accusateurs.  Et Chelsea Manning, source principale de Julian Assange, a été condamnée à une peine de prison puis graciée par le Président américain

Barack Obama. Elle est libre.

Rappelons que Julian Assange a été lavé de toutes les accusations parasites qui ont tissé autour de lui un abominable labyrinthe de fake news et de soupçons qui l’ont décrédibilisé et fait disparaitre dans l’arrière-cour des préoccupations des médias et des opinions publiques.

Alors même que les Etats-Unis d’Amérique, leur Président Joe Biden en tête, dénoncent vigoureusement, avec raison, les crimes de guerre commis par l’armée d’invasion russe en Ukraine, les mêmes poursuivent le journaliste qui a révélé des crimes de guerre !

Il ne fait pas bon de révéler des crimes de guerre des armées américaines.

La Fédération internationale des journalistes (FIJ), forte de ses quelque 600.000 membres dans 150 pays, lui apporte soutien et assistance depuis le début. Elle a coordonné les très nombreuses manifestations qui, dans le monde entier dont à Londres bien entendu, demandent la liberté pour Julian Assange.

Un exemple : 30 janvier 2020

Palais des Académies à Bruxelles, plus de 120 personnalités ont signé un Appel commun adressé aux autorités belges afin qu'elles prennent des mesures concrètes en faveur de Julian Assange.

La Fédération internationale est en contact permanent avec sa famille : Stella Assange sa femme et mère de leurs deux jeunes enfants et John Shipton le père du journaliste, ainsi que ses avocats Jennifer Robinson qui s’est exprimée à Oman début juin lors du dernier congrès mondial de la FIJ. 

Un recours juridique est engagé à Londres contre l’extradition. S’il n’est pas déclaré recevable, il conviendra, en référé, de saisir la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) de Strasbourg pour bloquer toute extradition.

Cependant ce sont les opinions publiques et les journalistes qui doivent se mobiliser, ces derniers devraient avoir au moins la reconnaissance du ventre !

Après l’Appel de Genève le 22 juin dernier qui réunit journalistes, médias et éditeurs pour demander la libération de Julian Assange, nous lançons l’Appel de Paris !

Julian Assange doit être libéré et la France doit lui accorder l’asile !"

 
Source : FIJ

Turquie : De la prison pour ceux qui diffusent des "informations mensongères"

Une loi en discussions au Parlement prévoit une peine de prison pour toute personne qui diffusera des "informations mensongères". Les autorités sont suspectées de vouloir ainsi utiliser la justice pour museler la presse, à un an des élections présidentielle et législative.
 
En Turquie, une loi sur les médias internet et les réseaux sociaux actuellement en débat au parlement prévoit de punir de prison toute personne diffusant des "informations mensongères". Les ONG de défense de la liberté de la presse dénoncent un nouvel instrument pour museler les médias indépendants à un an des élections.
Long et complexe, l’article 29, en particulier, suscite l’inquiétude dans les salles de rédaction. On peut le traduire ainsi : "Celui qui propage publiquement et de façon à nuire à la paix sociale des informations contraires à la vérité au sujet de la sécurité intérieure et extérieure du pays, de l’ordre public et de la santé, dans le seul but de susciter l’inquiétude, la peur ou la panique dans la population, sera puni d’une peine allant d’un an à trois ans de prison."

Fake news ?

Cet article pourrait donc s’appliquer autant aux utilisateurs de réseaux sociaux qu’aux journalistes dont les articles sont publiés en ligne. Il s’agit d’un texte rédigé conjointement par le parti au pouvoir – l’AKP du président Erdoğan – et son allié ultranationaliste, le MHP. Officiellement, il s’agit de lutter contre la désinformation en ligne. 

Les autorités expliquent que ce texte s’inspire de la nouvelle législation de l’Union européenne sur les services numériques, et que d’autres pays européens, comme l’Allemagne, disposent déjà d’un arsenal législatif contre ce qu’on appelle les "fake news". Mais pour les défenseurs de la liberté d’expression, le problème est que ce texte introduirait une peine de prison tout en étant très vague dans sa formulation.

En effet, si le texte est adopté en l’état dans l’hémicycle, il reviendra à un tribunal de décider ce qui relève ou non d’une information "contraire à la vérité ".
Pour Baris Avsar, le rédacteur en chef de Gazete Duvar, journal indépendant en ligne, la proposition de loi dans sa forme actuelle fait peser une menace inacceptable sur le travail des journalistes : "Imaginez : nous sommes un soir d’élections, un député d’opposition fait état sur Twitter de problèmes dans un bureau de vote, indique-t-il. Que va-t-il se passer si nous publions ces allégations ?"
"Une telle menace sur notre travail n’est bonne ni pour la liberté de la presse, ni pour le droit du public d’accéder à l’information."
à franceinfo

C’est à un juge que reviendra de déterminer ce qui relève d’une information mensongère, or les opposants pointent du doigt le manque d’indépendance de la justice. Un manque d’indépendance criant, et tel que les syndicats de journalistes suspectent les autorités de vouloir utiliser la justice pour museler la presse indépendante ou d’opposition en ligne à un an des élections présidentielle et législatives. "Jusqu’ici, les médias en ligne voyaient certains de leurs articles bloqués sur décision de justice ou administrative, explique Faruk Eren, président du syndicat Basın-İş. Là, le pouvoir va beaucoup plus loin. Pourquoi ? Parce que de plus en plus de gens vont s’informer sur internet. Le pouvoir a réussi à asphyxier financièrement les médias traditionnels qui ne lui sont pas dévoués. Mais leurs sites internet sont très consultés et très influents." La Turquie occupe cette année la 149e place sur 180 pays au classement de la liberté de la presse Reporters sans frontières.
 
Source : France info

Tentative d'assassinat du journaliste néerlandais Peter R. de Vries: 2 nouveaux suspects arrêtés

 

Deux nouveaux suspects ont été arrêtés lundi 04 juin dans le cadre de l'enquête sur l'assassinat du chroniqueur judiciaire néerlandais Peter R. de Vries, a rapporté mardi matin le ministère public néerlandais.

Le premier, un Néerlandais de 27 ans, a été arrêté à Curaçao et le second, également originaire des Pays-Bas, a été arrêté en Espagne.

Il s'agit des quatrième et cinquième arrestations dans l'enquête sur le meurtre de Peter R. de Vries, selon le ministère public. Un homme de 27 ans de nationalité polonaise a également été privé de liberté lundi aux Pays-Bas. Il est soupçonné d'avoir commandité l'assassinat du journaliste.

Les deux exécuteurs présumés, Delano G. (22 ans) et Kamil E. (36 ans), ont été arrêtés peu après l'attaque. Une peine de prison à vie a été requise à leur encontre.
Le verdict doit tomber le 14 juillet. Le suspect de Curaçao sera transféré aux Pays-Bas "prochainement". Une demande d'extradition a également été déposée auprès des autorités espagnoles concernant le second suspect mais cela devrait prendre "au moins quelques semaines", a expliqué le ministère public.

Celui-ci a également précisé qu'il ne pouvait pas communiquer davantage d'informations sur cette affaire à ce stade mais, selon le quotidien Het Parool, les hommes étaient présents dans la rue juste après que Peter R. de Vries y a été abattu. Il est possible qu'ils aient réalisé des séquences filmées de lui après l'attaque. Peter R. de Vries a été abattu le 6 juillet 2021 dernier dans le centre d'Amsterdam, peu après une apparition dans l'émission de télévision RTL Boulevard. Il est mort neuf jours plus tard à l'hôpital.

RTL info

LA VIE DE L’UPF

Nouvelle section de l'UPF en Géorgie

Samedi 25 juin 2022, à l’initiative d’un groupe de journalistes, naissait la section géorgienne de l’UPF.  La réunion de lancement de l’UPF Géorgie s’est tenue en présence de la Secrétaire générale internationale Zara Nazarian.
 

Véhiculer les valeurs de la presse francophone, associées à la culture géorgienne. Et ce, à travers l’organisation de projets/événements permettant la réalisation de cet objectif (master class, expos photos, conférences,...). Ce sont là quelques objectifs que les participants ont assignés à leur jeune section.
 
L'Assemblée Générale élective a porté Guillaume Moulaert, journaliste-reporter de télévision, aux commandes de l’UPF Géorgie.
 
La section ainsi constituée prendra part aux 49èmes Assises de la presse francophone qui se dérouleront à Benguerir (Maroc), du 25 au 27 juillet courant.
 

UPF Sénégal : Décès de Eugénie Rokhaya Aw, ancienne directrice CESTI

Eugénie Rokhaya Aw, ancienne directrice du Centre d’études des sciences et techniques de l’information (CESTI) de Dakar, est décédée à l’âge de 70 ans, dimanche, des suites d’une maladie

Journaliste au long cours, ardente militante des droits de la femme, passionnée d’art et de culture, Eugénie Rokhaya Aw a débuté sa carrière au quotidien sénégalais Le Soleil dans les années 70. Elle collabore ensuite à d’autres journaux, dont le mensuel Afrique Démocratie, dans les années 2010. Au CESTI, l’institut de journalisme et de communication de l’université Cheikh-Anta-Diop, elle a enseigné le genre et l’environnement et a été la première femme à diriger l’institution.

Eugénie Rokhaya Aw était, jusqu’à son décès, la présidente du tribunal des pairs du Cored, le Conseil pour le respect des règles d’éthique et de déontologie dans les médias au Sénégal.

Membre de la section sénégalaise de l’UPF, Eugénie Rokhaya Aw était connue au sein du réseau de l’UPF pour son dynamisme et son franc parler. Elle a activement participé à différentes manifestations de l’UPF internationale depuis les Assises de la presse francophone de Dakar en 2014.

L’UPF internationale lui rend hommage et s’associe au deuil de sa famille à qui elle exprime ses vives condoléances.
Nos pensées également à ses proches et à ses amis et collègues des médias sénégalais.

Chronique de Pierre Ganz :

Vous avez dit plagiat ?

Ce n’est pas bien de plagier. Tous les journalistes « dignes de ce nom » le savent. Mais les outils numériques et la vie des rédactions du XXIe siècle permettent des glissements progressifs vers des gestes peu déontologiques.
 
Commençons par une mise au point. Cette chronique a été inspirée par un « thread » sur Twitter de mon confère du site français Arrêt sur images, Loris Guémart, mis en ligne en août 2018. Elle reprend aussi quelques réflexions livrées en janvier 2015 à l’Infolettre de l’UPF n°12. Ces précisions ne sont pas vaines : elles illustrent le propos qui va suivre.
 
Le plagiat, dit par exemple le code de déontologie belge, est « une appropriation du travail journalistique d’autrui ». Car, en journalisme, il ne s’agit pas seulement de « la reproduction textuelle ou quasi-textuelle d’un travail original sans en citer l’auteur » comme le disent tous les dictionnaires. Ni de la « reproduction, représentation ou diffusion, par quelque moyen que ce soit, d'une œuvre de l'esprit en violation des droits de l'auteur, tels qu'ils sont définis et réglementés par la loi » comme l’écrit l’article L 335-3 du code français de la propriété intellectuelle. Une idée, un sujet, un angle peuvent être plagiés.
 
C’est le fait divers raconté par un journaliste d’un titre régional qui devient récit sur une radio nationale, puis sujet image dans le journal télévisé du soir sans que la source première soit même évoquée. C’est le témoin patiemment retrouvé au terme d’une enquête de terrain qui est l’objet de sollicitations multiples sans que soit dit que ses premiers propos publics ont été recueillis ailleurs. C’est l’enquête « exclusive », qui certes apporte des éléments inédits, mais d’abord prolonge, complète le travail d’un autre titre qui n’est pas cité.
 
On a beau jeu de se récrier que nul n’est propriétaire d’une idée ou d’un angle. Mais les règles déontologiques appellent à la confraternité (article 12 de la Charte d’éthique mondiale des journalistes) et à la transparence (« un journaliste cite les confrères dont il utilise le travail » dit la charte d’éthique des journalistes français).
 
Il existe des outils informatiques pour déceler le plagiat. Ils traquent les plagiats « mot à mot ». Ils permettent de démasquer les pilleurs sans vergogne de phrases ou paragraphes entiers. Mais on n’est pas obligé de retenir ce conseil donné par un de ces sites aux professionnels de l’information: « Si les journalistes envisagent de prendre des informations dans d’autres articles de presse, ils doivent s’assurer qu’ils ne copient pas et ne collent pas le tout. Ils peuvent paraphraser une partie spécifique et changer le tout sans changer les informations pertinentes ».
Qu’en termes galants ces choses-là sont dites (c’est une citation de Molière, pas un plagiat… ). Bref, mieux vaut oublier les préconisations de ce site marchand et rappeler quelques règles.
 
 
- Toujours indiquer la source initiale de l’information. Le public a aussi droit à la transparence. Son information correcte suppose qu'il sache qui a « levé le lièvre », quel média a révélé un fait qui est maintenant dans le fil de l’actualité traitée par tous.
-  Si on se contente d’un journalisme de liens ou de curation, rappelons une fois encore que quand le travail d'un autre est cité sur un média en ligne, il est confraternel de mettre systématiquement un lien vers son article ou sa vidéo, en privilégiant le site d'origine au détriment des nombreuses reprises générées plus ou moins automatiquement. Il est toléré de reprendre sur son propre site un extrait, par exemple le chapô ou le premier paragraphe, et de renvoyer vers le site originel.
- Reprendre la citation d'un propos qu'on n'a pas entendu soi-même suppose non seulement de citer son auteur, mais aussi le média qui le rapporte. On précisera : "…a dit XXX selon le journal YYY".
- Loris Guémart suggère que la publication d’un développement d’une affaire soit accompagnée d’une brève mention, par exemple « révélé, ou mis au jour, ou rapporté initialement en « mois année » par « nom du média » et/ou du journaliste". Cela devrait être systématique.
- Il faut dévoiler son auto-plagiat. Lequel peut être risqué, car les faits cités dans un de ses propres articles dont on recopie un passage ont pu évoluer. En tout cas, il faut préciser au lecteur que l’on reprend un article ancien.
- Avant de reproduire une photo, une illustration, une infographie, il faut obtenir l’autorisation de son auteur. Et mentionner la source originale quand on publie un de ces contenus.
-  Cela vaut aussi pour les articles traduits : il faut mentionner obligatoirement le média étranger où a été publiée la version originale.
 
Enfin, reprendre une information implique d’assumer le contenu de ce qu’on publie. On a vu parfois des journalistes sollicités par des conseils de presse pour un grief d’inexactitude se retrancher derrière le piètre argument « j’ai repris les informations de tel média ». Même lorsque que le média en question est cité, il importe de procéder à son propre travail de recoupement et de vérification. Cela n’exonère pas non plus de s’interroger sur le respect de la vie privée, de la dignité ou sur l’impact de la publication. Les journalistes et les rédactions sont toujours responsables de l’information qu’ils diffusent.
 
Pierre Ganz

Chronique de Jean-Claude Allanic :

Le bac à Kévin*

 

Je suis fier de vous annoncer que mon petit neveu Kévin a brillamment passé son bac français. Il n’a fait que 48 fautes d’orthographe à son épreuve, moins que le quota  admis de « 50  fautes non comptées pour ne pas pénaliser les moins bons». « Tonton, c’est quoi un quota ? ». « Tu verras ça quand tu seras en dernière année de Sciences Po ».

Nonobstant ce succès, Kévin est vénère. Il trouve que le niveau exigé est trop élevé.

« Tu te rends compte, m-a-t-il dit, qu’un examinateur a demandé à un de mes copains de commenter cette phrase : « L’enfer, c’est les autres ».

T’as entendu parler de ce Jean Paul Sartre qui aurait dit ça ? J’ai cherché sur Facebook, Instagram et même Tiktok – Oualou.

En tout cas, mon copain lui a répondu du « tic au tac » qu’on n’avait pas à l’interroger sur ses  convictions religieuses le jour de l’examen.

« Et puis, t’as vu ces questions incompréhensibles posées à d’autre candidats. Comme ceux à qui on a demandé si le jeu est toujours ludique ? Où est-ce qu’ils sont allés chercher ce mot là ? J’ai beau m’y connaître en playstation et suivre tous les games à la télé, jamais rencontré un ludique.

C’est comme cet autre texte qui parlait du tigre et de l’euphrate. Comment voulez-vous qu’on sache quel genre d’animal est un euphrate si c’est pas dans le programme ?

« Il y a grave pire pour ceux qui ont eu à commenter ce texte incompréhensible sur des hommes des bois, j’te dis pas :

- Ils étaient hommes des forêts. Et les forêts les avaient faits à leur image. À leur puissance, leur solitude, leur dureté. Dureté puisée dans celle de leur sol commun, ce socle de granit d’un rose tendre vieux de millions de siècles,

bruissant de sources, troué d’étangs, partout saillant d’entre les herbes, les fougères et les ronces. Un même chant les habitait, hommes et arbres. Un chant depuis toujours confronté au silence, à la roche. Un chant sans mélodie. « Même dans « The Voice », on ne parle pas comme ça ! Les candidats se sont vengés sur les réseaux sociaux en harcelant la bouffonne qui a écrit ça. On n’a pas idée non plus d’écrire aussi mal. Ok, c’était probable exagéré de la traiter de connasse, de menacer de brûler sa punaise de maison et de lui faire passer l’envie d’écrire des bouquins sur des arbres et une bande de Mowgli. Mais, il faut bien qu’on se défende.

D’ailleurs, y a un syndicat de lycéens qui envisage de mener des actions de harcèlement contre tous ceux qui font tout pour nous empêcher d’obtenir les diplômes auxquels on a droit.

Moi, je commencerais par celui par la faute à qui j’ai pris un râteau en français. « Va, je te hais point » qu’elle disait Chimène à Rodrigue. Il paraît qu’il fallait comprendre qu’elle l’aimait vraiment. Faudrait savoir. Si elle le kiffe, qu’elle le dise et qu’on en cause plus. Pas vrai ? 

J’ai pas encore trouvé l’adresse mail de ce Corneille mais je sais qu’il habite à Rouen et je vais checker. Il ne perd rien pour attendre».

J’ai bien tenté d’expliquer à mon cher Kévin ce qu’était une litote. Tout ce que j’ai réussi à faire, c’est le vexer : « Ne me prends pas pour une tête de linotte ! » m’a-t-il répondu. Je n’ai pas osé lui demander s’il savait qu’une linotte était un charmant petit oiseau insouciant construisant son nid n’importe où sans se préoccuper des prédateurs.

Mais l’essentiel n’est-il pas d’avoir son bac ?

 

* Pardon aux Kévin mais tous les ânes ne s’appellent pas Martin.

EN BREF

“L’Orient-Le Jour”
Prix de l’Académie française

L’Académie française a décerné la Grande Médaille de la francophonie à “L’Orient-Le Jour”, le seul quotidien francophone du Moyen-Orient. Cette distinction, primant pour la première fois un média, récompense une “démarche exemplaire”, dixit l’académicien franco-libanais Amin Maalouf. Le journal rejoint ainsi le chanteur belge Stromae ou encore le journaliste algérien Kamel Daoud dans la liste des lauréats.
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Médias numériques
TF1 cède Unify à Reworld

Le groupe TF1 a annoncé, mardi 28 juin, avoir signé un accord avec le groupe Reworld pour lui céder son pôle de médias numériques Unify (Marmiton, Doctissimo, auféminin, Les Numériques…), alors que cette filiale éprouve des difficultés pour devenir rentable. Si le montant de l’opération n’a pas été communiqué, le chiffre d’affaires de l’ensemble des activités d’Unify a été estimé à 60 millions d’euros par Reworld.
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Podcasts :
ETX Studio acquiert Majelan

La plateforme de podcasts Majelan fondée par Arthur Perticoz et Mathieu Gallet, ancien PDG de Radio France, vient d’être acquise par l’agence de contenus ETX Studio (ex-Relaxnews) pour un montant non divulgué. Mathieu Gallet devient à cette occasion président du conseil d’administration d’ETX, tandis que son associé est nommé «senior product advisor» du groupe. Objectif : devenir «un champion de l’audio en situation de mobilité», explique son PDG, Jérôme Doncieux.

C’est la première fois qu’un média obtient cette distinction, qui récompense depuis 1986 ceux qui participent au rayonnement de la langue française dans le monde.

Ce pôle compte également un studio de création et de production, une régie publicitaire et une activité d’influence, Studio Fy, composée de 150 influenceurs, dont une trentaine en exclusivité.

L’entreprise parie sur le marché des applications de divertissement au sein des voitures connectées, un secteur sur lequel elle avait pu se pencher à la fin des années 2010 lorsque Renault avait lancé à ses côtés le projet avorté AEX…


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