Copy
RCCO Montreal chapter | Bulletin Vol. 25 No. 2
View this email in your browser
Share
Tweet
Forward to Friend
+1
Share
Facebook
Facebook
Email
Email

This bulletin's news in brief:


Winners of the Lynnwood Farnum Organ Competition are announced

Passing of Gordon White, one of our past presidents

Post-national convention Montreal organ crawl

Vin d'honneur 2013

Festival des Grands Orgues: information and reviews

Commissioning initiative

Request for funds

Presenting a sister organisation - LAUDEM, l'Association des musiciens liturgiques du Canada

Review of "Préludes", a publication by ANFOL, l'Association nationale de formation des organistes liturgiques (France), from January 2013



Our chapter's 2013-2014 executive:


President: Rafael de Castro
 
Vice-president: Christopher Grocholski
 
Finance officer: Ed Brown
 
Administrative assistant: Suzanne Ozorak
 
Chaplain: The Reverend Gwenda Wells

VP Lynnwood Farnam organ competition: Jonathan Oldengarm
 
VP Communications: Thomas Leslie 

Bulletin and newsletter editor: Alexandra Fol
 
VP Membership relations and external affairs: Pierre Cabana
 
Archivist: David Szanto
 
Student Affairs: Alexander Ross and Helen Tucker
 
Members-at-large: Sean Mayes and Peter Binsse

Facebook
Facebook
Email
Email
Voulez-vous contribuer à l’amélioration de la revue et de la newsletter? Envoyez-nous vos matériaux en français ou/et en anglais, vos photos, évènements et suggestions à rccomontreal@gmail.com Le bulletin est publié quatre fois par année, tandis que la newsletter est bimensuelle, envoyée chaque deuxième lundi du mois. Nous vous invitons aussi d’aimer notre page facebook

Do you want to contribute to the betterment of the bulletin and our newsletter? Send us your materials in French or/and English, your photos, events and suggestions to rccomontreal@gmail.com The bulletin is published four times a year, whereas the newsletter is bimonthly, sent on every second Monday of the month. We also invite you to like our facebook page


The winners of the Montreal Lynnwood Farnam Organ Competition which was held at St. James United Church are as follows:
 
Jocelyn Lafond, First Prize $1000 – student of Raymond Perrin
Emmanuel Bernier, Second Prize $500 – student of Danny Belisle
 
The judges were Yves-G. Préfontaine, Philip Crozier and Hélène Panneton.   The church has a four manual 1891 Wadsworth, rebuilt in 1909 by Warren and rebuilt again in 1938 by Casavant and finally restored in 2012 by Letourneau.  On June 27th a summer recital was awarded to the first prize winner at the Church of St. Andrew and St. Paul.  The programme consisted of Mendelssohn, Sonata VI, and the last three movements of Vierne, Symphony III.
It is with regret that we inform you of the passing of Gordon White, one of our members and past presidents of the Montreal Centre RCCO. His long and extensive career as a choral director and organist is well known to many of us.  He served, over the years, as organist/choir director at St. Andrew’s United Church in Westmount, organist/choir director at St. George’s Anglican Church, Place du Canada, organist at Temple Emmanuel and choral director at CAMMAC music centre and for the annual CAMMAC Messiah Sing Alongs. He also worked for many years as a member of the music department of Lower Canada College.  A memorial service was held July 6th at St. George’s.
Montreal organized the post-National RCCO Ottawa Convention organ crawl visiting several churches: St. Joseph’s Oratory (Beckerath), St. James United (Wadsworth, Warren, Casavant and Letourneau), the Anglican Cathedral (Wilhelm) and Gesu (Casavant).  Our guests were also able to roam the Montreal ‘Underground City’ at their leisure during the lunch break.  Special demonstrations of the organs were undertaken at St. James United by Philip Crozier and François Zeituni at Gésu.
This year’s opening Vin d’Honneur was held at Saint John the Evangelist Church on Sunday, September 15th and featured a demonstration of the Woolf organ by Federico Andreoni. We are pleased to help sponsor his series of four recitals called Orgue Avenir. The series will feature organists Jonathan Oldengarm, Patrick Wedd, Julie Pinsonneault and Yves-G. Prefontaine throughout the month of November. The concerts are at 3PM.
November 3 – Jonathan Oldengarm
Works by Brahms, Pachelbel, Froberger, Heiller, Poglietti, Muffat and Schmidt
 
November 10 – Patrick Wedd
Works by: Elms, JS Bach, Frescobaldi, Peeters, Yon and L. Vierne
 
November 17 – Julie Pinsonneault
Works by: Buxtehude, JS Bach, Mendelssohn CPE Bach
 
November 24 – Yves-G. Préfontaine
Works by: Titelouze, Scheidemann, Krebs
Federico Andreoni demonstrating the Wolff organ op. 27 (1984) at Saint John the Evangelist church in Montreal during the Vin d'Honneur.

Photo by Rafael de Castro
The CIOC’s (Canadian International Organ Competition) Festival des Grands Orgues took place between October 25-27. The seven events included organ concerts, an organ crawl, organ and cornet or organ and violin or organ and voice or organ and harp, a Fine Arts Museum screening of what many regard as the finest collection of historic organs in the world – those of the Dutch city and province of Groningen. The narrative of the film is held together by the story of the organ of the Martinikerk in the city of Groningen. Parts of the organ date back to 1450, and several distinct styles are represented both in its case and its pipework: the gothic, the renaissance, the early baroque and the rococo. Performers included Johannes Lang, Els Biesemans, Jean-Willy Kunz, Christian Lane, Frédéric Champion, Luc Beauséjour, Mark Edwards, Matthew Jennejohn, Cloe Meyers, Yves-G. Préfontaine, Thomas Leslie, Andrew Henderson and Michelle Gott. The venues included: Notre Dame, St. Joseph`s Oratory, Montreal Museum of Fine Arts`Bourgie Hall, Grand Séminaire de Montreal and the Church of St. Andrew and St. Paul. The organ crawl organs were: La Maison symphonique (Casavant, Op. 3900), St. John the Evangelist (Wolff Op 27), Église du Gésu (Casavant Op. 2232) and St. James United (Letourneau).
Deux concerts du Festival des Grands Orgues

Alexandra Fol

Le Festival des Grands Orgues, organisé par le Concours International d’orgue du Canada, ouvrit le vendredi 25 novembre à 19h30 à la Basilique Notre Dame avec le concert « Rendez-vous à l’orgue » qui mettait en vedette des gagnants récents de concours d’orgue internationaux. Les trois interprètes, Johannes Lang (Allemagné), Els Bisemans (Belgique) et Christian Lane (États-Unis) étaient joint par l’organiste de l’orchestre Symphonique de Montréal, Jean-Willy Kunz (France-Canada) qui offrit un hommage musical spécial. Trois parmi les quatre interprètes furent assistés à l’orgue de Rachelle Choi qui a aussi coordonné les diffusions visuelles des images de powerpoint.

Johannes Lang, lauréat des concours à Lübeck (2009), Belleray (2011) et Leipzig (2012) entre autres, présenta deux mouvements de la Sonate op. 65 No. 3 de Felix Mendelssohn, la Phantasie über Bach de Max Reger, « Herzlich tut mich verlangen » op. 122 No. 11 de Johannes Brahms et un arrangement de « La chevauchée des Walkyries » de Richard Wagner. L’interprète démonta une approche très repensée et approfondie quant aux tempi, surtout dans les deux premières sélections, en utilisant des rubatos prolongés pour former des phrases qui correspondaient aux middle-ground structurel des œuvres. Le deuxième mouvement de Mendelssohn et la composition de Brahms semblaient inclus pour fournir un contraste nécessaire à l’intensité du reste du programme, mais la stratégie de Lang ne réussit pas complètement à cause de sa registration, qui resta un peu conservateur partout. Bien qu’elle ne fût sa sélection la plus maturée, l’œuvre de Wagner servit d’une conclusion très impressionnant de ce program exigeant.

Els Biesemans, gagnante du concours Arp Schnitger (2012) interpréta le Prèlude et Fugue BWV 541 de J. S. Bach, « Sequens » de Jan Welmers et « Joie et clarté des corps glorieux » d’Olivier Messiaen. Elle prit un chemin assez traditionnel en son interprétation de Bach, visant un son et une touche quasi-baroques sur l’orgue Casavant qui illuminèrent sa technique solide et sa bonne formation quant au style. L’œuvre minimaliste de Welmers, composée en forme ouverte, fut clairement le clou de programme de la soliste, demandant une endurance physique tout à fait remarquable. Facile à comprendre du point de vue d’écriture, « Sequens » est construite sur des modes harmoniques et des modèles relatifs à la texture, qui subissent des mutations graduelles. Comme ça chaque introduction d’un nouvel élément, comme le choral en trois voix dans la main droite (m. 140) et la mélodie dans le registre haut (m. 199), devient un évènement important est révélateur. Le programme divers conclut avec la composition de Messiaen, où la soliste put, en contraste avec les longues accumulations dans l’œuvre de Welmers, manifester son aptitude de construire une longue forme à partir des sections relativement courtes. Même une bref pause pour corriger un problème de registration ne pouvait distraire le public de la claire vision artistique et mature qui ne proposait Biesemans.

Après l’entracte, Jean-Willy Kunz proposa un mouvement tiré de la symphonique op. 70 de Charles-Marie Widor comme accompagnement musical d’une présentation powerpoint commémorant Bonnie Nichol. Le powerpoint monta plusieurs photos du portfolio de cette bénévole dédiée qui, pendant les six années précédant son décès, a passé de nombreuses heures à créer des portfolios professionnels pour les évènements et le concurrents du CIOC. Ayant connu personnellement Nichol et ses préférences pour la musique de Widor, Kunz avait choisi l’Andante sostenuto, dont l’esprit fut très approprié pour une telle réflexion commémorative, et que Kunz interpréta avec de très bon goût. La durée du mouvement concourut parfaitement avec celle de la présentation : une coïncidence qui enchanta tous, notamment l’interprète et l’équipe gérant la diffusion visuelle.

Ce premier concert du « Festival des Grands Orgues » termina avec trois sélections par Christian Lane, le gagnant du Concours International d’Orgue du Canada en 2011 : un arrangement du « Marche impériale » d’Edward Elgar, un mouvement de la Symphonie No. 10 op. 73 de Charles-Marie Widor et la « Passacaglia et fugue » en do mineur BWV 582 de J. S. Bach. Le choix du programme manifesta la qualité la plus marquée de l’interprète Christian Lane – sa sensibilité et affinité pour les registrations qui sont simultanément très sophistiquées et subtiles. La marche d’Elgar est une œuvre qui pourrait très facilement ennuyer un public instruit si l’on ne se trouve pas de prétextes de varier le choix de timbres et d’illuminer des différentes parties de la texture – ce que Lane accomplit magnifiquement. Après que le « Choral » de Widor fournît un contraste nécessaire, nous pûmes apprécier mieux l’œuvre de Bach, dont la registration fit hommage aux arrangements orchestraux de Stokowski. Le choix de Lane de réarranger une partie de l’œuvre et mettre la voix de milieu dans les pédales pour mieux sortir le sujet de la fugue de la texture, ainsi que d’utiliser la boîte du récit au besoin, afin de souligner les caractéristiques de l’instrument, démontèrent le type de penser et choix audacieux qui caractérisent un interprète original, un qui possède une vraie vision artistique et le courage de la présenter.

Le « Festival des Grands Orgues » termina avec un concert de l’organiste Andrew E. Henderson et l’harpiste Michelle Gott, qui eut lieu dimanche soir à 19h00 à l’église de Saint-Andrew-and-Saint-Paul. Cet ensemble inhabituel présenta une sélection de musique du vingtième siècle, alternant entre des œuvres solos et les duos.

Le programme commença avec les « Litanies » de Jehan Alain, qui fournit les notes suivantes de son œuvre : « Quand l’âme chrétienne ne trouve plus de mots nouveaux dans la détresse pour implorer la miséricorde de Dieu, elle répète sans cesse la même invocation avec une foi véhémente. La raison atteint sa limite. Seule la foi poursuit son ascension. ». L’ostinato, inspiré par les cantus firmi médiévaux, fut orchestré and réorchestré avec beaucoup d’imagination par le soliste sur l’orgue Casavant op. 1457.

L’Aria, extrait de la « Suite pour orgue et harpe » de Louie White, constitua le duo le plus impressionnant de la soirée du côté composition. Ce compositeur tristement méconnu bâtis un univers harmonique complet et compréhensible avec les moyens les plus simples sur sa disposition. Dans cet extrait méditatif les deux instruments se donnaient la relève, permettant à chacun des solistes de préparer son instrument pour la prochaine phrase; quand les deux jouaient ensemble, l’orgue fournissait subtilement les sophistications harmoniques et timbrales qui n’auraient pas été possible pour une harpiste soliste.

Rétrospectivement, après avoir entendu la longue composition de quatre mouvements de Lynne Palmer pour harpe solo qui suivait, qui, en dépit de sa virtuosité, ne fut qu’un morceau ennuyant comprenant de la rythmique régulière et prévisible, je me demandais pourquoi Henderson et Gott n’avaient pas choisi d’interprètes le cycle complet de Louis White, surtout que l’arrangement de Chis DeBlasio de « God is our righteousness » soulignait le manque de bon répertoire écrit spécifiquement pour orgue et harpe.

La partition d’« Eine kleine Morgenmusik » de Barrie Cabena, maintenant enregistré sur le disque de Henderson, fut arrivée dans sa boîte postale en surprise. En collaboration avec l’interprète, le compositeur avait effectué des changements dans la musique, inscrits à la main dans la partition, qui restera un témoignage précieux de coopération. Les cinq cours mouvements démontrent l’aptitude impressionnant de Cabena de créer un caractère musical achevé dans des miniatures et aussi sa capacité de présenter une esthétique contemporaine avec les moyens accessibles pour la plupart des interprètes et membres du public.

La deuxième partie du concert commença avec le « Cortège et litanie » op. 19 No. 2 de Marcel Dupré, où Henderson se démonta encore une foi comme un interprète solide et instruit de technique impressionnante. La « Rhapsodie pour harpe » op. 10 de Marcel Grandjani qui suivit servit d’un meilleure exemple de musique pour harpe solo que l’œuvre malheureuse de Palmer. Grandjani, compositeur, organiste et harpiste, réussit à développer simultanément plus qu’une texture, sortant des mélodies et des accompagnements différentes et les arrangeant dans une forme qui semblait bien illuminer les qualités musicales différentes de ses idées. Il était clair qu’il connaissait et ne sous-estimait pas les possibilités de l’instrument.

L’avant-dernière pièce, « Dialogue : prélude avec choral » de Ester Mägi, incorpore des références multiples à l’œuvre de Franck « Prélude, chorale et variation ». La tonalité, la texture et la réalisation suivent de près celles du prélude de Franck, mais Mägi parsème les parties de la chorale et de la variation entre celle du prélude. Cette composition plaisante précéda la « Phantasie pour orgue et harpe », op. 52 de Rachel Laurin, un duo où les deux interprètes purent non seulement manifester leur haut niveau d’éducation musicale, mais aussi leur maîtrise de travail en équipe. L’équilibre entre les deux parties ainsi que le calcul du délai arrivant du derrière de l’église fut très bien réussi. La registration de Henderson, qui accomplit une grande variété de nuances et de timbre sans noyer la harpe servit de preuve de sa grande sensibilité de musiciens d’ensemble.

Henserson et Gott proposèrent au public le « Old Dutch lullaby », arrangé pour orgue et harpe ou piano par l’organiste Clarence Dickinson comme encore. Afin de raccourcir l’œuvre et la rendre plus appropriée pour un encore, les deux interprètes avaient décidé de couper le solo virtuose de harpe du milieu, une décision qui a malheureusement dévié l’attention de Gott et la concentré surtout sur l’organiste. Ici, l’intelligence musicale de Henderson brilla à son meilleur. Il réussit à faire sonner l’orgue Casavant comme s’il était un orgue de théâtre du mi-vingtième siècle, en incorporant les timbres et les rubatos pertinents au style d’orgue de théâtre.

Ce concert de variété et qualité exceptionnelles conclut le « Festival des Grands Orgues », un évènement produit par le Concours International d’Orgue du Canada. Le festival eut un énorme succès non seulement à cause de la haute qualité des concerts comme ceux discutés ci-dessus, mais aussi à cause de la diversité d’évènements qui comprit non seulement des concerts, mais aussi une tournée d’orgue montréalais et une présentation de film. Le festival a lancé d’une façon excellente le compte à rebours pour la prochaine édition du Concours, qui aura lieu du 8 au 17 octobre 2014 à Montréal. Pour plus d’information, veuillez visiter http://www.ciocm.org/
The Montreal Centre has initiated discussions with the Canadian International Organ Competition and Les Amis de l’Orgue de Montréal in order to commemorate the installation of the new Casavant organ in the Maison Symphonique in May of 2014. A commissioned work for the inaugural celebrations is on the table. At the moment the chapter awaits a formal response from the Montreal Symphony Orchestra.
Occasionally, the Montreal Centre receives requests for funds. To this end, we have established a sub-committee which has already produced a working document which will serve as a protocol to deal with such requests in the future. Depending on what is decided, National Council may be interested in the final outcome of our discussions. The National bureau has no fixed policy to deal with such requests.
Presenting a sister organisation:
LAUDEM, l'Association des musiciens liturgiques du Canada


Dear organists and friends of the RCCO,

I invite you to become acquainted with LAUDEM, the Association of liturgical musicians of Canada. We strive to unite all persons interested in liturgical music, such as organists, solo singers, choir singers, conductors, composers, clergy members, publishers, etc. Though the majority of our membership has traditionally been involved in the Latin rite of the Roman Catholic Church in the French language, we would like to enlarge the scope of our operation and recruit more members. In addition to organizing various events, we produce an annual study day focusing on a different topic each year. Our Study Day 2013 focused on involving children in liturgical singing. You can see a youtube video by clicking here. I invite you to write to me in English or French at jpcouturier@montreal.net with any questions you might have.

Sincerely Yours,
Rev. Jean-Pierre Couturier, BMus, LMus, President of LAUDEM


Un manque de méthodologie et prévoyance
Critique de la publication « Préludes » de l’ANFOL de janvier 2013
Alexandra Fol

 
En janvier 2013, l’Association nationale de formation des organistes liturgiques de la France (ANFOL) publia la quatre-vingt-unième édition de son magazine « Préludes ». Invitée à examiner cette publication pour Laudem par le président de cette dernière, je commençai par rechercher l’histoire et la mission de cet organisme français, qui définit ses objectifs quant à la formation ainsi : « 1) vie et formation liturgiques ; 2) enseignement de l'accompagnement et initiation à l'improvisation ; 3) connaissance et approfondissement du répertoire d'orgue en précisant sa place dans la liturgie avec un but fondamental : faire des organistes de bons artisans de la liturgie. [1]

Ayant envisagé la réalisation d’une si ambitieuse liste d’objectifs, l’ANFOL a publié, entre autres, une dizaine d’anthologies d’œuvres ainsi que deux collections de chants et acclamations. [2] En feuilletant le magazine, je m’attendais à connaître un peu la méthodologie de formation proposée par l’association, des nouveaux titres pédagogiques, des suggestions d’exercices et certains exemples de répertoire pertinent qui mettrait en musique les compétences du niveau suggéré par les exercices. Pourtant, je fus plutôt surprise par le contenu offert qui, je conclus, manque de cohérence nécessaire pour la réalisation des trois objectifs cités en dessus.

Le mot de l’éditeur, signé par des initiales RW comprends plusieurs affirmations contestables, dont la plus douteuse dit : « Préludes est la seule revue au monde à présenter dans chacun de ses numéros une ou plusieurs compositions contemporaines inédites, d’un goût sûr, ce qui lui vaut d’être connue et appréciée à l’international. » [3] Parmi les deux autres revues qui publient au moins une pièce contemporaine par numéro que je connaisse, se trouve « Orgues nouvelles » dont le siège se situe à Paris, France. Est-il possible que le conseil de « Préludes » ne connaisse pas le travail de leurs collègues compatriotes ?

Après avoir lu cette prétentieuse description des œuvres publiées dans leur magazine, en sous-estimant le goût des lecteurs et leur volonté d’enrichir leurs connaissances stylistiques, je me suis mise à examiner les pièces en question afin d’évaluer leur pertinence pédagogique et liturgique. Bien que j’aie immédiatement remarqué le manque d’exercices d’harmonisation et d’improvisation dans « Préludes », une composante essentielle pour le travail des organistes liturgiques, je m’attendais à ce que les sélections musicales offrissent un équilibre de diversité stylistique et praticabilité.

La première chose que j’ai conclue est que les œuvres publiées ne forment pas une pédagogie de formation cohérente. En effet, certaines parmi elles peuvent empêcher le développement d’une bonne technique au pédalier ou même endommager une technique peu solide. Le compositeur de la « pièce mystère » publiée à la page 34 double la ligne de la main gauche et la ligne des pédales à l’octave, ce que chaque professeur d’orgue interdit dès la première leçon afin d’aider l’étudiant à établir immédiatement une indépendance de mouvement entre la main gauche et les pieds. Les débutants, surtout ceux qui possèdent une formation de pianiste, doivent travailler beaucoup pour développer une telle dextérité. Le court Postlude de cinq mesures à la page 19 ne suffirait jamais.

La seule autre composition où le compositeur a inclut une ligne désignée spécifiquement pour les pédales, « Seigneur, j’ai mal agi » de Friedrich Wilhelm Marpurg (pp. 24-26) exige une technique manuelle et de pédales de niveau beaucoup plus élevé que le reste du répertoire publié, ce qui pourrait décourager les organistes en formation. À l’avenir, les éditeurs peuvent considérer l’inclusion de quelques œuvres incorporant une ligne indépendante au pédalier, arrangées en gradation de difficulté. Bien que le répertoire d’orgue comprenne beaucoup d’œuvres sans pédalier, les choix des éditeurs nécessitent un seul type d’habileté, celui de jouer des chorales à trois ou quatre voix. Dans ce contexte, l’œuvre de Gaël Liardon à la page 29 émerge de la collection comme un bon choix didactique dont la texture se situe entre celle d’un choral orné et une œuvre polyphonique.

Les textes de ce numéro de « Préludes » adressent une variété d’intérêts. Les éditeurs présentent un guide d’écoute par Evelyne Frank tout à fait charmant qui introduit sa réflexion en disant que « le lecteur musicien choisira peut-être d’en poursuivre la découverte par lui-même ». [4] Édith Weber entreprend une approche assez descriptive envers les chorals luthériens, ce qui est approprié étant donné que le texte accompagne un disque enregistré à Leipzig en 2011. Une entrevue de Pascale Rouer examine le travail d’Anne Froidebise avec elle et sa notion du sacré.

La contribution de Gabriel Marghieri, « 1759, Mister H. and Mister G. » est remplie non seulement d’informations utiles, mais aussi de bon humour dont chaque musicien a besoin. Je cite ici au complet sa conclusion, qui adresse le côté financier de la vie de musicien, un autre sujet qui devrait, d’après moi, devrait être pris plus en considération et figurer dans une publication pédagogique : « Le point commun entre Mr. Haendel et Mr. Guinness ? Tout deux furent de brillants hommes d’affaires et il est vrai que le sublime Messie fut conçu aussi, comme le reste, avec des arrière-pensées commerciales. Personne ne songe à le reprocher à Haendel. Même un musicien ne saurait vivre d’Eire pure et de bière fraîche. » [5]

La contribution la plus longue, celle de Marc Leroy, offre un résumé historique de la construction des orgues entre 1790 et 1850. J’aurais aimé voir une bibliographie suite à cet article qui raconte l’histoire des facteurs d’orgue d’une manière globale et claire. L’article instructif et intéressant de Jean-Marc Cicchero sur les orgues en Corse aurait été plus utile pour une recherche subséquente s’il avait inclus une liste de références.

Les intentions d’Alain Bonnet qui propose ses réflexions sur le Psaume 102 restent peu claires, surtout que « Préludes » n’est pas un magazine d’analyse littéraire. Ici je retourne à la nécessité d’une approche compréhensive au contenu dans le cadre d’un ouvrage – les commentaires d’Alain Bonnet auraient étaient pertinents si, disons, ils avaient accompagné la partition du psaume publié dans ce même numéro. Ainsi, ils auraient pu contribuer à l’interprétation musicale de l’organiste. Mais, le psaume proposé à la page 18 est le Psaume 125 (126) par Olivier Geoffroy, et non le Psaume 102.

Un organisme qui se dit association de formation devrait se concentrer sur la formulation et la diffusion d’une méthode pédagogique qui reflètent les idéaux professés. Par soucis de professionnalisme, l’organisme pourrait éviter de fournir de renseignements erronés quant à son réel statut et faire une promotion qui corresponde davantage à la qualité à laquelle il aspire.

Le sujet de la qualité porte une importance capitale quand il s’agit de la formation, liturgique, ou non. Il comprend deux parties d’importance égale – qualité pédagogique et qualité de production. Le contenu du numéro 81 de la publication « Préludes » de l’ANFOL néglige d’adresser les deux, tout en échouant la poursuite des trois objectifs de l’association, cités ci-haut.
 
Bibliographie :
Association Nationale de Formation des Organistes Liturgiques. "Notre Histoire."Association Nationale de Formation des Organistes Liturgiques. ANFOL, 18 Jan. 2009. Web. 8 Apr. 2013. <http://www.everyoneweb.fr/anfol/>.
Marghieri, Gabriel. “1759, Mister H. and Mister G.” Préludes 81 (2013): 16-18.
Frank, Evelyne. “L'organiste au fil des Dimanches.” Préludes 81 (2013): 4-6.
RW. “Edito” Préludes 81 (2013): 1.
Schwenkedel, Suzy, ed. Préludes 81 (2013): ANFOL – France


[1] Association Nationale de Formation des Organistes Liturgiques. "Notre Histoire."Association Nationale de Formation des Organistes Liturgiques. Association Nationale de Formation des Organistes Liturgiques, 18 Jan. 2009. Web. 8 Apr. 2013. <http://www.everyoneweb.fr/anfol/>.
[2] Ibid.
[3] RW. “Edito” Préludes 81 (2013): 1.
[4] Frank, Evelyne. “L'organiste au fil des Dimanches.” Préludes 81 (2013): 4
[5] Marghieri, Gabriel. “1759, Mister H. and Mister G.” Préludes 81 (2013): 16

Share
Tweet
Forward to Friend
+1
Share
Facebook
Facebook
Email
Email
Copyright © 2013 Royal Canadian College of Organists Montreal chapter, All rights reserved.

Our mailing address is:
Royal Canadian College of Organists | Collège Royal Canadien des Organistes
335-606, rue Cathcart
Montréal, Qc H3B 1K9
Canada

Add us to your address book


unsubscribe from this list    update subscription preferences