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Les dernières nouvelles du monde de la food, vues de l'intérieur.
Bonjour à vous qui lisez BOUCHE. Bienvenue à vous qui venez d'ouvrir le paquet de noix de cajou et sortir la bière du frigo. Cette semaine, on vous parle de la France qui a soif, des derniers piliers de comptoirs et des nostalgiques du bistrot, mais on vous raconte aussi l'histoire de ces deux basketteurs reconvertis dans l'art du e-apéro et de ce dealeur de vin qui trace dans les rues désertes pour livrer du pinard à vélo. Ceci est l'édition du 21 avril 2020, bonne lecture et bonne santé – Pour vous abonner, il faut Cliquer-ici.
Illustration : Jonathan Gilbert pour Bouche Magazine

La France a soif. Partout dans le monde, l'e-apéro permet de donner un peu de relief aux longues soirées confinées. Parce que c'est une manière de tuer l'ennui, mais surtout, parce que c'est le chemin le plus court pour partager un moment festif avec sa famille et ses amis, l'apéro virtuel semble s'installer durablement dans nos vies à huis-clos. Force est de constater que cela change notre rapport à l'alcool et que notre façon de consommer évolue. Mais jusqu'à quel point ? Et comment appréhender les vrais apéros de demain ? Comment l'industrie du vin s'organise pour faire face à la crise sur le terrain ? On vous a préparé une petite sélection de liens pour vous aider à voir moins trouble à la fin des e-apéros, quand la bouteille est vide mais que vous n'avez plus à courir pour attraper le dernier métro.

• Dépannage. Vous êtes en rade de bon glou-glou ? Pas de panique, Vincent Pousson, blogueur vin inspiré et solidaire, a recensé sur une carte Google Map les meilleurs plans vins de l'Hexagone. Si vous habitez Paris, on vous a trouvé un bon dealeur de vin à faible empreinte carbone : il s'appelle Oliver Gage et il livre à vélo trois jours par semaine (voir notre interview un peu plus bas).

• Bistrot blues. En cette période de confinement, on se demande ce que deviennent les piliers de comptoirs et autres « Dieux du rade », si joliment mis à l'honneur dans ce calendrier, publié en début d'année. Sans surprise, loin du zinc, les amoureux des bistrots ont le blues... et laissent trainer leur spleen dans ce très nostalgique article du Monde qui donne la parole à ceux pour qui le bar, c'est avant tout un lieu de rencontres et de vie sociale.

• Bistrot love. Heureusement, certains pensent déjà à l'après demain : Libération met en lumière J'aime Mon Bistrot et Bar Solidaire, deux plateformes qui proposent aux consommateurs d'acheter des avoirs utilisables à la réouverture de leur bar ou restaurant préféré.

• Restrictions. En Bretagne, le préfet du Morbihan interdit la vente d'alcool fort à emporter pour limiter les violences familiale – en hausse de 30%.

• Réactions. Le gel hydroalcoolique peut il sauver le vin français ? Le Parisien fait le point sur les initiatives mises en place par la filière viticole pour lutter contre la baisse de la consommation. Parmi celles-ci, une idée : transformer les stocks de vin en gel hydroalcoolique et réclamer des aides de l'État et de l'UE. À Chinon, le vin s'achète au drive pendant la période de confinement. Partout ailleurs, l'association Vendanges Solidaires vient aide les vignerons à trouver des financements pour sortir la tête de l'eau.

• Döner-Pinard. Deux êtres vous manquent, et tout est dépeuplé. Invité sur le blog de Big Bouffe, Jean Dusaussoy, consultant en vin, dresse la liste des meilleurs vins à boire en dégustant un kébab. L'association est surprenante et beaucoup moins impossible ou scandaleuse qu'on voudrait le croire.

Oliver Gage est « dealeur de vin ». Trois jours par semaine, il arpente les rues de Paris à vélo pour aller dépanner les clients qui ont passé commande sur sa cave Instagram : @rock_bottles
Salut Oliver. Comment tu es arrivé dans le monde du vin ?
J'ai commencé par être caviste à Londres, à la fin des années 90. Puis je suis venu vivre à Paris et j'ai fait de la musique. Ensuite, j'ai eu des enfants et... je me suis remis à vendre du vin ! J'ai commencé à acheter des bouteilles il y a 4 ou 5 ans. Depuis deux ans, je livre tous mes clients à vélo.

Pourquoi tu livres uniquement à vélo ?
C'est d'abord une question de liberté – je ne voulais pas être coincé dans un magasin 6 jours/7. Et puis je vends uniquement du vin « naturel », alors la livraison à vélo – non électrique –, ça s'est imposé comme une évidence. Je n'utilise pas les réseaux de la grande distribution, je n'envoie pas de colis : je livre uniquement là où mes deux jambes me portent ! 

On fait comment pour t'acheter du vin ?
Tout passe par Instagram : les gens me demandent la liste des vins en message privé et ils font leur marché. Ensuite, je pars les livrer en essayant de regrouper les commandes par quartiers. Au max, je peux mettre 60 bouteilles sur mon vélo – mais j'essaie d'éviter pour ne pas finir dans le caniveau ! 
Qu'est-ce qui a changé pour toi depuis le début de la crise ?
Il y a eu une vraie augmentation du nombre des commandes. Manifestement, le confinement donne soif ! À Paris, il y a de plus en plus de monde qui veut boire « propre » et consommer autre chose que les vins qu'on trouve en supermarché.

Comment tu vois l'après-confinement ?
J'espère que les gens soutiendront davantage les petits commerces, les artisans et les restaurateurs : ils vont en avoir besoin. J'espère aussi que cela va changer notre regard sur nos modes de consommation. En ce moment, quand je me promène en vélo, je vois ces queues énormes devant les supermarchés et juste à côté, ces épiceries vides, sans clients. Les réseaux de commerces de proximité existent, mais peut-être qu'ils sont encore trop chers ou mal exploités ?

Pour Rock Bottles, tout va reprendre comme avant ?
Il y aura certainement une baisse de la demande quand les gens vont reprendre une activité normale. Mais n'ai jamais voulu être une multinationale ! Le côté intimiste de mon business me va parfaitement. Et puis si j'ai quelques passionnés de plus comme clients – voire comme amis –, c'est en partie grâce à un salopard nommé Covid ! 🍷

➡️Aller sur la cave Instagram de @rock_bottles
Écouter le vin parler. Raconter le vin – et plus généralement, mettre des émotions sur ce que l’on boit –, ce n’est jamais une tâche facile. Tout l’art de la sommellerie consiste à donner l'impression que l'on est déjà en train de déguster un vin alors même qu'il n'a pas encore été versé dans notre verre. Avec ses mots, son phrasé, ses histoires et ses métaphores, le sommelier a quelque chose du poète en train de réciter un vers. Cette semaine, on plonge à nouveau dans les tréfonds de YouTube à la découverte d'une pépite en 480pixels : l’épreuve finale du concours de Meilleur Sommelier de France 2016. Dans un amphithéâtre plein à craqué et sous l’œil experts de quelques sommités, Gaétan Bouvier, le chef sommelier du restaurant La villa Florentine à Lyon et lauréat du prix cette année-là, monte à la barre et s'échauffe comme un vrai sportif : « Suite à un incident dans ma cave, je me retrouve avec un stock de bouteilles sans étiquettes. Merci d’identifier le contenu des verres situés devant vous. Vous disposez de 11 minutes qui débuteront lorsque vous prendrez le premier verre ». S’ensuivent dégustations à l’aveugle, exercices de mémorisations et simulation de service du vin en restaurant – une jolie chorégraphie des gestes, des mots et des goûts. À déguster en accéléré pour frimer lors de vos prochains e-apéros. À voir aussi : la finale d'Isabelle Mabboux en 2018, la médaille d'argent de Nina Hojgaard Jensen ou la bluffante prestation de David Biraud.

 

Made in Cartel. Scène un peu surréaliste au Mexique, où les membres du cartel d'El Chapo tentent de s'acheter une image auprès de la population locale – et peut-être aussi, de répondre à un besoin urgent – en distribuant des colis de vivres affublés de masques en papier à l'effigie de leur parrain.
 

Napa Valley-oop. Hilare au milieu d'un océan de bouteilles, Dwyane Wade lance un live sur Instagram. Depuis le fond de son canapé, l'ancienne star des Miami Heats tente d'établir la connexion avec une autre légende de la NBA, Carmelo Anthony. Après quelques hésitations, les deux basketteurs en confinement trinquent virtuellement par écrans interposés puis passent 50 minutes à refaire le monde autour de quelques anecdotes et de quelques verres bien servis. Le vin ? Des bouteilles de « Wade Cellars », la cuvée personnelle de l'ancien meneur des Heats, produite dans la Napa Valley. 


Panier moyen. France Bleu répond à une question essentielle : pourquoi les fruits et légumes coûtent plus cher en période de confinement ? Spoiler : c'est parce qu'on achète davantage français et que le prix de revient des fruits et légumes est plus élevé en France que dans d’autres pays européens.

Lyon. A cause du confinement, de nombreux Lyonnais – y compris ceux qui habitent dans des quartiers populaires – se trouvent soudain dépourvus de tout accès aux produits frais. Un appel d'initiative citoyenne pour nourrir Lyon autrement, de façon plus locale et solidaire, vient d'être lancé sur la plateforme Framaform, pour sensibiliser les pouvoirs publics. Vous pouvez le consulter et/ou le signer en cliquant ici

Prison dorée. Fascinant papier de Street Press qui donne la parole à ceux qui en connaissent un rayon sur la vie en confinement : les anciens candidats de téléréalité. « Quand on est enfermé, on se reporte sur la nourriture: ça passe le temps, permet de gérer ses émotions… Mais c’est dangereux », se souvient Morgane Enselme, un jour passée par l'émission Secret Story.

Héroines. Elles sont majoritairement des femmes, en première ligne, plus exposées que les autres. Elles ne « sauvent pas des vies » mais leur présence sur leur lieu de travail est indispensable. Cheek Magazine s'est intéressé aux caissières des supermarchés et explique pourquoi elles sont les superwomen du confinement.

Garçon boucher. Retro News, le site de presse de la BNF, ouvre temporairement l'accès à son (toujours très bon) contenu payant et raconte l'histoire d'un fait divers glaçant de la fin du XIXème siècle qui commence par une idylle dans une boucherie : Le drame des Ternes, le garçon boucher devenu assassin.

Si vous êtes arrivés jusqu'ici. Un grand Merci : on vous souhaite une bonne semaine à boire du vin en pantoufle sur votre canapé. En attendant, vous pouvez consulter nos archives en cliquant ici et découvrir tous nos reportages sur notre compte Instagram. Méga-suprise ! On vient d'arriver sur Twittervenez nous faire coucou. Enfin, si vous avez des liens à nous envoyer, des recettes à nous faire tester, des gens à nous faire découvrir – ou simplement envie de dire bonjour – n'hésitez pas à répondre directement à ce mail. Vous pouvez aussi le transférer à quelqu'un, dans la mesure du comestible. 
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