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EDITO
« La crèche sportive »
par Dominique Delhalle , vice-président APFJS
 
Dans les années ’80 et ’90, la moyenne d’âge des champions internationaux de gymnastique excluait tout déplacement personnel en voiture.
A 14-15 ans, on vient à peine de retirer les roues arrière du vélo…
A présent, le « jeunisme » atteint la Formule Un et le football.
Avant même de passer son permis de conduire, le Hollandais Max Verstappen, 17 ans le 30 septembre, est assuré de piloter une F1 dès la saison prochaine.
A moins de seize ans, le milieu de terrain Martin Oedegaard a été retenu dans la sélection norvégienne pour un match amical face aux Emirats arabes.
A « Sportspress.be », nous ne biberonnons pas avant 18 ans, l’âge minimum pour une affiliation.
 
SUR LES TERRAINS
Voyagez qu'ils disaient
par Marc Gérardy, président APFJS
 
C'est bien connu : le journalisme est une passion. Le journalisme sportif aussi. Même si les conditions de travail ne sont pas toujours minimales voire exemplaires. La quinzaine de journalistes qui accompagnaient le Standard au match retour du 3e tour préliminaire de la Ligue des Champions au Panathinaikos a pu s'en rendre compte. Tous les journalistes belges ont été placés (parqués) dans un petit bâtiment préfabriqué. Tous les médias étaient ensemble derrière une même table et une vitre : la presse écrite, la RTBF, VRT Sporza et Belgacom TV !
Bonjour la cacophonie ! Les 13 journalistes ne disposaient que d'une fontaine d'eau et de 6 demi-sandwiches secs. Ils ont connu aussi de gros problèmes de connexion wi-fi durant tout le match. Certains ont dû dicter leur texte par téléphone (DH), d'autres ont pu envoyer des parties de textes avec des clés USB et un quart d'heure avant la fin du match, plus aucune connexion n'était possible, y compris avec la 3G, jusqu'à une demi-heure après le match. Sabotage suite à la qualification du Standard ? Je vous laisse juge ! Après le match, direction la mixed-zone qui se trouve sur le trottoir et dans la rue (avec les panneaux de la Ligue des Champions placés contre le mur du stade) avec les supporters à quelques centimètres ! Et dès la fin de la conférence de presse des entraîneurs, durant laquelle aucun journaliste grec n'a posé de question car ils étaient en grève, les photographes belges ont été priés de quitter la salle directement, sans avoir pu terminer d'envoyer leurs photos ! Heureusement, la solidarité nationale a joué à plein du côté belge.
ASSEMBLEE GENERALE
Pierre Drouguet reçoit le « Plus du Sport » à Han-sur-Lesse

par Bernard Cerf (Belga)
Réunie en assemblée générale samedi dans les installations du club de football de Han-sur-Lesse, l’APFJS (l’aile francophone de l’Association Professionnelle Belge des Journalistes Sportifs) a remis à cette occasion le trophée «Plus du Sport» au lauréat 2013.Il s’agit en l’occurrence de Pierre Drouguet, 52 ans, ex-keeper et actuel entraîneur des gardiens du RFC Liégeois, qui a également joué au FC Malinois (vainqueur de la Coupe d’Europe des vainqueurs de coupes 1988) au Beerschot, à Courtrai et bien entendu au RCS Verviers. Créé en 2003, le prix «Plus du Sport» est attribué annuellement à un sportif ou ancien sportif, entraîneur ou dirigeant sportif qui, en plus de ses performances et de son palmarès personnel, poursuit une action désintéressée, humaniste, assurant la promotion de la pratique sportive dans le respect des valeurs éthiques et olympiques.
Le président Gérardy remet le « Plus du Sport » à Pierre Drouguet.
 
La belle action qui a valu au généreux Verviétois de recevoir le trophée en Val Saint-Lambert sort assurément de l’ordinaire. Il voulait en effet donner un rein à Arnaud, son fils, étudiant en physique à l’Université de Liège atteint de glomérulonéphrite. Ce qui s’est au bout du compte révélé impossible. À force de recherches Pierre Drouguet a finalement trouvé un donneur compatible aux Pays-Bas, et lui-même empêché d’offrir l’organe à son propre fils pour des raisons semblables. L’incroyable suite est néanmoins facile à deviner. Les deux doubles opérations se sont déroulées simultanément à Maastricht et Amsterdam avec des résultats apparemment positifs.
Depuis Pierre Drouguet milite au profit de l’ASBL Chaîne de vies, dont l’objectif est d’informer et de sensibiliser au don d’organes. Elle a été fondée par Claudine et Thierry Kremer, dont le fils Laurent a été victime à 20 ans de la tuerie de la Place Saint-Lambert à Liège. Sa mort dramatique a toutefois sauvé une dizaine d’autres personnes grâce à ses organes.
Le palmarès du «Plus du Sport» où apparaît donc désormais Pierre Drouguet, comprend Alex Czerniatynski (football), Jean-Claude Laquaye (moto-cross), Pascal Parmentier (ski de fond), Mathieu Loic (tennis de table), Albert Syben (boxe), Pino Cerami et Ferdinand Bracke (cyclisme), Khalilou Fadiga (football), Jacques Borlée (athlétisme), Joël Robert (moto-cross), le papa d’Arnor Angeli (football) et Edhem Sljivo (football). «Ce que j’ai fait était à mes yeux normal, a déclaré Drouguet. N’importe qui aurait agi comme moi. Mais merci quand même pour ce trophée qui me fait énormément plaisir. C’est le plus beau de ma carrière…»
Une soixantaine de membres et leurs familles  ont participé à cette journée récréative qui comprenait outre bien sûr la visite de Grottes de Han, celle de la réserve d’animaux sauvages et du musée de la vie paysanne « Han d’antan », le tout agrémenté d’un excellent barbecue concocté par les bénévoles du club de football. Une journée organisée pour la dernière fois de main de maître par le secrétaire démissionnaire de l’APFJS Thierry Sinte qui, pour raisons personnelles, préfère céder le témoin. Il n’a néanmoins pas manqué de mettre à l’honneur son homologue de Sportspress.be, Jos Segaert, via un petit cadeau, qui lui aussi quittera prochainement sa fonction comme l’on sait. Le tout en présence du président national David Naert.
Les participants à l’AG du 25 mai à Han-sur-Lesse, juste avant l’entrée dans les Grottes.

 
HOMMAGE
Serge Dandumont, l’envol d’une plume d’étain
par Eric Clovio
 
Au bout d’un interminable combat d’une douzaine d’années, qu’il a mené debout, avec un courage granitique et beaucoup de dignité, Serge Dandumont s’en est allé vers des horizons qu’on lui souhaite paisibles et sereins. L’Amaytois (âgé de 58 ans seulement) était un visage incontournable et une signature respectée de l’info locale et sportive à Huy-Waremme.  Il avait couvert son premier match de foot, à Andenne, à l’âge de 17 ans, alors pour donner un coup de main à son papa, Joseph, qui était lui-même correspondant de La Meuse Huy-Waremme et avait ainsi refilé le virus à l’un de ses fistons. Plus jamais par la suite (41 ans d’écriture, de couverture de matches de foot, de conseils communaux, de fêtes de villages,…) Serge n’avait quitté les pages de son quotidien, traversant les époques, les équipes, les lignes éditoriales,… avec une égale rigueur, une vraie exigence de langue, une passion viscérale pour les gens du coin, des rencontres qu’il nous faisait partager avec sa plume. Une plume d’étain (le symbole rassemblant les journalistes et collaborateurs de presse à Huy), juste et élégante.  
De Serge, je garde personnellement en tête son timbre de voix, cette voix claire et amicale, à diction parfaite, qui restera à jamais imprimée en nous, en vous. Cette voix rassurante avec laquelle il a invariablement accueilli les dizaines de jeunes journalistes, de collaborateurs, de stagiaires qu’il a vu défiler pendant plus de quarante ans au sein de la rédaction de La Meuse Huy-Waremme.  Il s’amusait souvent à dire qu’il n’était « que » correspondant », souriant malicieusement sous cette moustache noire puis plus tard, cette barbe poivre et sel bien taillées. Il était bien plus que cela, évidemment.
Pour les membres de La Meuse Huy-Waremme, le point d’appui, avant d’aborder des sujets scabreux et délicats. La caution morale, en cas de doute. Le référent orthographique et syntaxique, lui qui était irréprochable, en digne héritier de son papa instituteur et chef d’école qui lui avait inoculé le virus de l’écriture. La mémoire, ce bien de plus en plus précieux dans un univers média qui en manque tellement. Surtout, je crois, celui dont on savait qu’il serait là, tout simplement. Ingénieur de formation, Serge était donc bien plus qu’un collaborateur. Le fils de Jos, le papa de Gilles, le lien fort entre trois générations de collaborateurs fidèles de La Meuse Huy-Waremme. Un scientifique de formation, cartésien comme il se doit, qui parvenait aussi à faire chanter le verbe, de manière si harmonieuse qu’on pestait et s’arrachait les cheveux lorsqu’on devait raccourcir les textes signés « S.DT ». Où et comment couper ?
Un peu copain, chaleureux sans familiarités inutiles ; un peu grand frère, qui écoutait les doutes et interrogations dans un job si prenant ; un peu papa, qui pouvait secouer sans ébranler. En tout cas le ciment entre toutes les équipes, toutes les générations qu’il a accompagnées, de sa rigueur et de sa bienveillance, rue Montmorency, rue des Brasseurs et rue l’Apleit à Huy, les trois sièges successifs de La Meuse HW.  Attentif au parcours de chacun, même lorsque celui-ci éloignait les jeunes journalistes du bureau de Huy, fier de nos projets aboutis, heureux aussi de voir arriver de nouveaux visages, de nouveaux talents, même si cela impliquait de sa part des efforts d’adaptation.
 
De Serge, chacun conservera bien sûr ses propres souvenirs, ses propres images, qui s’accrochent tous au même fil conducteur, la confiance et le respect qu’il inspirait.  Des milliers de matches de foot, à l’Union Hutoise et RFC Huy (« son » club), mais aussi dans tous les cercles de l’arrondissement Huy-Waremme (Amay, Warnant, Waremme, Hannut, Hamoir, Ouffet-Warzée,…), d’innombrables « avant-coureurs » et « revenez-y » avant et après les rencontres du week-end, d’incessants déplacements aux quatre coins du Royaume, en D3 et Promotion, en Coupe et championnat, des dizaines de milliers de coups de fil grâce auxquels il a forgé tant de contacts privilégiés,… Plus de 40 ans d’une passion contagieuse.  L’un des traits de caractère les plus forts que l’on conservera de Serge, c’est le plaisir de travailler en équipe, sainement, sans a priori, sans cette pointe de méfiance et d’égoïsme qu’on déplore trop souvent. Avec une vraie amitié, une chaleur humaine qui transformaient les longues soirées du dimanche en moments privilégiés.  Tous ceux qui l’ont vu se battre courageusement au jour le jour savent que l’écriture, les rencontres, les découvertes, les reportages, l’équipe de La Meuse Huy-Waremme,… tout cela a énormément compté pour lui.  Le journal était aussi devenu un élément de sa thérapie, un appui dans sa lutte. Mais c’est surtout Serge qui nous a aidés, qui nous a tant apporté.
 
Dans ce match où le rapport de forces semblait a priori inégal, il s’est battu sans relâche, sans laisser filtrer de moments de faiblesse, sans doute par pudeur, et surtout pour préserver ses proches. Serge est parti comme il était, comme on l’a côtoyé et aimé, comme il a combattu. Tout en élégance et en dignité.
 
CLIN D'ŒIL
Duo liégeois
Par Marc Gérardy, président APFJS
 
Pour le match-aller du troisième tour préliminaire de la Ligue des Champions Standard-Panathinaikos, les journalistes sportifs belges et étrangers ont à nouveau été accueillis par le duo liégeois composé de Claude Leruth et de Francis Remy. Claude a connu de très nombreuses épopées européennes du Standard en suivant les Rouches aux 4 coins du monde. Francis Remy était aussi présent malgré une opération à l'œil (cataracte) quelques heures seulement avant le début de sa prestation à Sclessin au service des journalistes sportifs. Chapeau et merci !