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Communiqué de presse

17 décembre 2018


Épargne-pension « éthique », autopsie d'un greenwashing


À quelques jours de la clôture de l'exercice fiscal 2018, les institutions financières poussent leurs clients à souscrire à des produits d'épargne-pension. Alors que 1 Belge sur 2 se déclare prêt à investir dans des produits financiers éthiques, très peu de produits d'épargne-pension se revendiquent de cette étiquette. Plus grave encore, ces produits, qui s'affichent comme responsables, n'ont en réalité pas grand-chose d'éthique.

Ainsi l'investisseur désireux d'agir pour le bien-être de la planète peut se retrouver à financer des entreprises comme Arcelor Mittal, Starbucks, Ryanair, Sanofi ou encore dans le secteur de la pornographie. Financité et Fairfin ont analysé les portefeuilles de ces soi-disant produits éthiques présents sur le marché. Autopsie d'un greenwashing.

1. KBC Pricos SRI


KBC a lancé en mai 2018 une version socialement responsable de son fonds de pension. Il accepte des sociétés qui réalisent jusqu'à 10 % voir 25 % de leur chiffre d'affaires dans le secteur de la fourrure, du cuir, des jeux de hasard ou de la pornographie

Concernant ce produit, KBC applique en revanche une tolérance zéro concernant les armes, le tabac et certaines énergies fossiles, prouvant qu'une approche très stricte est possible.

Quand on passe le portefeuille au crible, on retrouve des entreprises comme Bouygues, Dassault, ArcelorMittal ou Starbucks, qui ne sont pas forcément les premières références quand on pense à un comportement socialement responsable. Ou bien encore Deutsche Telekom (pour 0,36 % du portefeuille) qui a été impliquée dans la violation des droits du travail aux États-Unis.

Enfin, la banque permet encore l’extraction de charbon pour la production d’acier et une certaine souplesse pour la production d’électricité sur base de gaz et d’uranium.
2. VDK PENSION FUND

VDK bank applique une tolérance zéro pour les secteurs de l’armement, la défense, le tabac, la pornographie et les jeux de hasard et une tolérance limitée pour la fourrure, le cuir, les produits testés sur des animaux et les OGM.

Dans le secteur de l’énergie, la banque restreint les investissements dans l’énergie fossile non-conventionnelle (comme le gaz de schiste et les sables bitumineux) ainsi que la production d’énergie nucléaire et à base de charbon. En revanche, le portefeuille contient encore des investissements dans d’autres catégories( pour environ 5 % du portefeuille), y compris des mines de charbon.

On retrouve dans le portefeuille de ce fonds, des investissements dans l'entreprise HeidelbergCement qui exploite une carrière dans une zone entièrement sous contrôle civil et militaire israélien en Cisjordanie. Mais aussi Ryanair Holding dont la société-mère ne respecte pas les droits syndicaux de base, l’entreprise pharmaceutique Sanofi ; impliquée dans plusieurs cas de corruption du corps médical en Chine, en Afrique et au Moyen-Orient ou actuellement dans le scandale de la Dépakine.

On retrouve enfin d'autres titres répertoriés dans des paradis fiscaux.
3. ING STAR FUND

Sur son site web, ING se félicite que ses investissements ne portent pas sur des armes controversées (mines antipersonnel). Bien heureusement, car ceci serait illégal.

La nouvelle politique dite « durable » du fonds d’ING, n’exclut que partiellement les secteurs controversés classiques comme l’armement, le tabac, la pornographie, les jeux de hasard, la fourrure et le cuir.

Les énergies fossiles ne sont pas exclues.
Enfin à titre d'exemples, on retrouve des investissements dans
Rio Tinto, copropriétaire de la mine d’or Grassberg qui entraîne environ 230.000 tonnes de déchets par jour, directement déversés dans un réseau hydrographique naturel.
Exxon Mobil, premier pétrolier mondial, engagée dans le lobbying afin de retarder l'acceptation généralisée et l'action contre le réchauffement climatique aux États-Unis.
VF Corp, groupe de distribution textile (Lee, Timberland, The North Face...) impliqué dans des violations des droits du travail dans sa chaîne d’approvisionnement, notamment au Cambodge.
Volkswagen qui a manipulé des tests d’émission de polluants, mais aussi a accessoirement trompé ses clients

Si Financité se félicite de l'arrivée de produits ISR sur le marché de l'épargne-pension, leur qualité est en revanche inadmissible. Il est donc plus que jamais fondamental, que ce type de produit se développe, en quantité, mais surtout en qualité.

L'ISR doit être appuyé par une législation définissant une norme qualitative minimale. Cela apportera plus de clarté sur ce type de produit pour l'investisseur.



Annexes

Contact presse

  • Julien Collinet - julien.collinet@financite.be - 0495.64.86.55
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