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Communiqué de presse

30 octobre 2018
 

Prévention du surendettement, bien mais peut (beaucoup) mieux faire

Le ministre de l'économie et des consommateurs publie aujourd'hui des recommandations à suivre à destination des prêteurs de crédit dans l'évaluation de la solvabilité des emprunteurs. Financité salue cette initiative afin de lutter contre le surendettement mais insiste sur le fait que celle-ci est bien trop timide afin d'obtenir des résultats concrets.

Kris Peeters publie en effet ce matin un guide à destination des prêteurs avec une série de recommandations à suivre. Ceux-ci visent à s'assurer que le prêteur évalue la solvabilité du consommateur avant de lui octroyer un crédit.
Une intervention louable tant la responsabilisation du prêteur est importante dans le cas d'un crédit défaillant.

Toutefois, elle reste largement insuffisante et on peut s'interroger de l'absence dans ce texte de la moindre évocation de sanctions en cas de non respect de la législation existante. Il est d’ailleurs très surprenant de constater que dans ce document, le mot « sanction » n'est mentionné qu'à une seule reprise et n'est destiné qu'au consommateur ... et pas à l'industrie.

Il est par ailleurs nécessaire de rappeler que les professionnels du crédit ont des moyens à leur disposition pour réduire le nombre de défauts. Et que malgré les coûts que peuvent générer ces défaillances, ces dernières permettent précisément de maximiser leurs profits. Autrement dit, un peu de casse ne fait pas de mal aux bénéfices des prêteurs, loin s'en faut.
 

Que recommande Financité ?


Pour continuer dans la bonne voie, Financité recommande plusieurs mesures. Notamment de :

  • Diminuer les taux d'intérêts maximum, tant ceux-ci demeurent aujourd'hui bien trop élevés (18,5 % annuels maximum aujourd'hui.)
  • Interdire la vente de crédits “désincarnés”, c’est-à-dire sans lien avec un achat dans les magasins.
  • Qu'une carte de crédit ne doit pouvoir être obtenue que via un établissement de crédit ; En moyenne, 8,7 % des crédits octroyés par les organismes non bancaires sont défaillants (tous types de crédit confondus), alors que ce taux est de 3,4 % pour les banques.
  • Imposer dans les lieux de vente qui proposent du crédit à la consommation un espace réservé pour permettre une information suffisante du consommateur (pas à la caisse du magasin, avec une file de personnes derrière soi) ;
  • Il est déplorable que la législation en matière de publicité sur le crédit à la consommation soit si peu respectée. En 2016 , 56% des publicités pour des crédits à la consommation étaient contraires à la loi. Il est dès lors souhaitable de mettre en œuvre des actions de contrôle et des sanctions fortes afin d'améliorer le respect de la législation.
  • Afin de mieux prévenir le surendettement, les données fournies par la Centrale des crédits devraient être plus précises, et notamment :
    • permettre de connaître le niveau d'endettement réel du consommateur (encours mis à jour, au moins une fois par an) ;
    • distinguer les ouvertures de crédits actives de celles qui ne le sont pas afin de pouvoir calculer le véritable taux de défaut ;
    • fournir les statistiques individuelles, pour chaque « autre institution » du nombre de crédits octroyés par type de crédit, du nombre de crédits en défaut par type de crédit (ou à tout le moins pour les « autres institutions » les plus importantes, soit celles qui représentent plus de 5 % des crédits ou crédits défaillants par catégorie de prêt, par exemple).

Enfin , il est illusoire de prétendre combattre le surendettement, sans combattre la pauvreté et favoriser l'épargne de précaution. Un Belge sur trois (32 %) est en incapacité de faire face à une dépense imprévue qui représenterait la moitié d'un salaire mensuel moyen (1.200 €) sans devoir emprunter. Comment, dès lors, faire face au moindre accident de la vie (maladie, divorce, véhicule qui tombe en panne, etc...) sans risquer de tomber dans la spirale du surendettement ?
 

Annexes

Contact presse

  • Julien Collinet - julien.collinet@financite.be - 0495.64.86.55
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