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COMMUNIQUÉ
Pour une politique responsable des écoles supérieures d’art

Le 23 mars 2016


Le 21 mars 2016, les 46 écoles supérieures d’art publiques sous tutelle du ministère de la Culture se sont réunies à l’occasion de l’Assemblée générale de l’ANdEA. Étudiants, enseignants, personnels administratifs et de direction ont débattu et approuvé le programme d’activité de l’année. Outre deux projets exceptionnels – la publication des actes des Assises nationales des écoles supérieures d’art Demain l’école d’art qui s’étaient tenues à Lyon en octobre dernier, et l’organisation au Palais de Tokyo de l’événement Vision – recherche en art et en design du 13 au 18 avril prochains – la communauté s’est accordée sur quatre chantiers prioritaires : 

- l’évolution nécessaire du statut des enseignants, actuellement incompatible avec la nature des diplômes délivrés, 
- la création d’un Conseil national de l’enseignement supérieur et de la recherche artistique et culturel (CNESERAC), que nous appelons de nos vœux et que vient d’entériner l’Assemblée nationale dans le cadre du projet de loi relative à la liberté de création, à l’architecture et au patrimoine, 
- la gouvernance des Établissements publics de coopération culturelle (EPCC), à laquelle nous estimons qu’il est nécessaire d’apporter des règles et des outils supplémentaires,
- les restrictions budgétaires, qui frappent de plus en plus lourdement nos écoles au point de menacer l’exercice de nos missions quand ce n’est pas purement et simplement l’existence de certains établissements qui se voit remise en question. 

L’Assemblée générale a par ailleurs voté une modification des statuts de l’ANdEA afin d’assurer une meilleure représentativité de tous les acteurs des écoles supérieures d’art. Dès la prochaine Assemblée générale, prévue en septembre à Toulouse lors de notre séminaire d’été, un étudiant entrera au Conseil d’administration ainsi qu’un enseignant supplémentaire. Le Conseil d’administration se composera ainsi de 9 directeurs, 4 enseignants, 1 étudiant et 1 responsable administratif. En outre, chacune des écoles membres sera représentée au sein de l’Assemblée générale par des enseignants et des étudiants élus en leur sein. Il s’agit là de poursuivre la mutation de l’ANdEA amorcée en 2012, dans un souci de démocratie, de collégialité et de représentativité encore accrues.

La communauté des écoles supérieures d’art, représentée par plus de 200 personnes au sein de l’ANdEA, a enfin rappelé son inquiétude et sa vigilance au regard d’un contexte budgétaire contraint. Conscients des tensions budgétaires qui touchent les collectivités territoriales, nous saluons le volontarisme de certaines Villes et EPCI qui placent la culture et l’éducation au premier rang de leurs priorités et rappelons la contribution essentielle des établissements d’enseignement supérieur artistique à la vie artistique et culturelle, à l’attractivité et au rayonnement des territoires. Si la Ville de Perpignan donne le triste exemple d’un territoire qui va fermer en juin prochain son école d’art, nous ne pouvons accepter que ce scénario de paupérisation se généralise.

Or, ce même 21 mars, le Conseil municipal d’Angoulême votait son retrait unilatéral de l’École européenne supérieure de l’image Angoulême-Poitiers (EESI) à la fin de l’année civile. Outre le fait que cette contribution de 856.000€ représente 20% du financement de l’école et qu’un retrait aussi brutal contrevient à la logique de coopération, c’est-à-dire de dialogue et de solidarité, qui est au principe des Établissements publics de coopération culturelle, les motivations politiques d’une telle décision ne peuvent que surprendre s’agissant d’une école si étroitement liée à l’identité de la ville et unique en son genre au niveau national, voire international. Composante essentielle – tant au plan de la formation et de la recherche que de l’insertion professionnelle – du Pôle Image autour duquel Angoulême construit son identité, l’EESI est aussi la seule école supérieure d’art publique française spécialisée dans la bande dessinée. Par cette seule décision autoritaire, Xavier Bonnefont, Maire d’Angoulême, vient ainsi mettre à mal l’héritage culturel de sa Ville, l’un des piliers de son rayonnement, les règles de droit d’un EPCC et le réseau national des écoles supérieures d’art. 

Nous demandons solennellement au Conseil municipal de bien peser les effets d’une telle décision et de revenir sur celle-ci, dans le respect de la collectivité créée par l’EPCC et de ses partenaires que sont la Ville de Poitiers, la Région Aquitaine Limousin Poitou-Charentes et l’État, en engageant une véritable concertation afin que se dessinent une autre perspective et une nouvelle configuration financière pour l’école. 


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L’ANdEA – Association nationale des écoles supérieures d’art 

Créée en 1995 sous la forme d'une association nationale des directeurs des écoles supérieures d'art, l’ANdÉA s'est transformée en 2012 en Association nationale des écoles supérieures d'art et fédère les écoles supérieures d'art sous tutelle du ministère de la Culture et de Communication. Ces établissements d’enseignement supérieur et de recherche délivrant des diplômes nationaux de niveau Bac +3, Bac +5 (ces derniers conférant le grade de Master) et Bac +8, des 3es cycles et post-Masters professionnels, sont représentés au sein de l’ANdÉA par plus de 200 membres issus de toutes les catégories d’acteurs : directeurs, professeurs, étudiants, administrateurs, chefs de services. 
Mettant en réseau des écoles territoriales et nationales de toutes envergures et de tous les territoires, l’ANdÉA est une plateforme de réflexion, une instance de proposition et une force d’affirmation de la spécificité de l’enseignement supérieur artistique par la création. Elle défend un modèle de formation et de recherche singulier qui se caractérise par le primat de la référence au champ artistique contemporain, aux figures de l’artiste et de l’auteur et par une pédagogie fondée sur l’expérimentation, le jugement critique et le projet personnel de l’étudiant. L’ANdÉA entend plus largement contribuer au débat d’idées contemporain, en faisant valoir, à une époque où l’éducation et la créativité sont des enjeux politiques, sociaux et économiques de première importance, le modèle émancipateur des écoles supérieures d’art.
 


ANdEA Association nationale des écoles supérieures d'art
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