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Dans ce numéro :
MANGROVES DU NORD-OUEST
De concrets résultats suite aux efforts de conservation
L’étude bioécologique effectuée dans l’Aire Marine Protégée Ankivonjy en février 2021 a démontré un taux élevé de régénération naturelle des espèces de mangroves. Elle a été réalisée par une équipe scientifique constituée par WCS et ses partenaires.

En effet, sur les 30 parcelles d’étude dans les trois zones de Marohariva, Ambalihabe et la Baie des Russes, l’équipe a recensé huit espèces de mangrove. Il s’agit des espèces Avicennia marina Forsk (Am), Bruguiera gymnorhiza (L.) Lank (Bg), Ceriops tagal C.B. Robinson (Ct), Rhizophora mucronata Lewis (Rm), Sonneratia alba Smith (Sa), Lumnitzera racemosa Willd. (Lr), Xylocarpus granatum Koenig (Xg), et Heritiera littoralis Aiton (HI). Dans chaque zone, un taux de régénération naturelle dépassant les 1000 % a été enregistré, un indicateur d’un très bon niveau de régénération pour les mangroves.
Durant l’inventaire, l’équipe de WCS a profité de l’occasion pour former six membres de la communauté des trois zones sur le mode opératoire pour le suivi des mangroves. L’équipe n’a pas manqué de planter des propagules en se joignant aux communautés au reboisement des mangroves. Des activités de restauration sont prévues dans les mois à venir.
AIRES DE PECHE GEREES LOCALEMENT
Une cartographie des habitats côtiers et marins  est élaborée pour la Baie d’Antongil.
La cartographie établie par l’équipe scientifique de WCS recense les habitats côtiers et marins du Nord-Est, dans la Baie d’Antongil. Cette réalisation est cruciale pour la mise en place de nouvelles aires de pêche gérées localement (APGL). Elle facilite l’identification des sites potentiels, l’établissement des différents zonages et la mise en place du système de cogestion. La cartographie est aussi utile pour établir un état des lieux des ressources et richesses existant dans une zone cible. Cet outil a permis à l’équipe d’identifier 38 sites ayant la potentialité de devenir APGL.  Notons qu’à ce jour, la Baie d’Antongil compte 50 APGL – y compris celles en cours d’officialisation.
Succès de la gestion communautaire des ressources halieutiques
Bonne gestion rime avec bons résultats. C’est ce qu’a prouvé l’association gestionnaire Taratra Ambatoringegny de l’Aire de Pêche Gérée Localement (APGL) du côté de Maintimbato, dans la Baie d’Antongil. En effet, cette APGL a décidé de n’ouvrir ses réserves qu’une fois par an pour permettre aux juvéniles de bien grandir et se reproduire. Et en décembre 2020, pendant les trois jours d’ouverture, la réserve a pu fournir près d’une tonne de poissons aux communautés, plus précisément 953,700 kg. Le poids maximum d’un poisson est de 21 kg contre un poids minimum de 0,5 kg. C’est un résultat encourageant puisque la production ne cesse de s’améliorer au fil des ans. Les communautés ont enregistré 562 kg de poissons en novembre 2018 et 744 kg en novembre 2019.
 
Sur les 56 pêcheurs de la zone, 36 sont membres de l’association gestionnaire. Avec les revenus obtenus lors de cette ouverture, l’association gestionnaire a planifié de construire
une pirogue pour renforcer la patrouille et la surveillance de l’APGL et de contribuer à la construction d’un bureau de Fokontany.

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Les autres APGL aussi ne sont pas en reste…
Durant le premier trimestre de cette année 2021, cinq APGL – Mandrisy, Antanambaomandrisy, Manambato, Anoromby, Iharaka – ont procédé à l’ouverture de leurs réserves de pêche respectives suivant les calendriers établis avec les communautés et tenant compte des conditions météorologiques. La campagne était fructueuse avec 1,677 kg de poissons, 517 kg de poulpe et 2,603 kg de concombre de mer collectés. 

Ces résultats démontrent l’efficacité de nos efforts de conservation depuis des années sur la zone, mais aussi que la forte implication des communautés dans la sauvegarde de cet écosystème va de pair avec la valorisation de nos résultats de recherches et activités de conservation. 

Merci à nos partenaires financiers - Mikajy USAID, Pêche Côtière Durable et SWIOFish 2 – qui soutiennent nos efforts en matière de promotion de la co-gestion des ressources halieutiques  à travers les APGL au niveau de la Baie d’Antongil.
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Soariake a également ouvert ses réserves de poulpe
17.330,5 kg ! C’est le poids total des poulpes capturés par la communauté de l’AMP Soariake, à Toliara, durant l’ouverture des réserves de pêche pendant la première semaine du mois de février 2021. Le poids maximum d’un poulpe a atteint les 8,68 kg. Bravo aux communautés qui ont bien respecté la fermeture des réserves de pêche ! Aucune infraction sur les réserves de poulpes n’a été enregistrée durant de cette période.
ECOTOURISME COMMUNAUTAIRE
Partager et apprendre des autres
C'est un des volets identifiés pour soutenir les activités de développement et de promotion des trois Aires Marines Protégées (AMP) que WCS promeut avec les communautés locales : AMP Ankarea et AMP Ankivonjy dans le Nord-Ouest, AMP Soariake dans le Sud-Ouest. Les futurs gestionnaires du volet « écotourisme » au niveau des trois AMP se sont rapprochés de l’association villageoise Anja Miray à Ambalavao, engagée dans la gestion du site écotouristique d'Anja, un site bien connu en termes d'écotourisme communautaire. Au total, 24 représentants des associations dans les trois AMP ont été en visite d’échange avec les communautés de l’association Anja Miray en février. 
Cette visite a été riche en découverte et bonnes pratiques et s’est focalisée sur des sessions pratiques, notamment en termes de préparation de repas, d’accueil et de guidage. Les visites de sites (réserve d’Anja et de l’atelier de sériciculture Soalandy) ont été à l’honneur le dernier jour. Les représentants des communautés des trois AMP ont été plus qu’impressionnés par l’organisation, la collaboration et le fonctionnement de l’association Anja Miray, un bel exemple de gestion communautaire à Madagascar sur lequel ils peuvent s’inspirer pour la réalisation de leur projet d’écotourisme.


GESTION DURABLE DE LA FAUNE SAUVAGE AUTOUR DU PARC NATUREL MAKIRA
Le Programme SWM est arrivé à mi-parcours.
Le Programme de gestion durable de la faune sauvage (Sustainable Wildlife Management Programme ou SWM Programme), mis en œuvre dans le paysage de Makira depuis août 2018 est déjà arrivé à mi-parcours. Pour rappel, son objectif est de réduire la consommation de viande issue d’animaux sauvages menacés ou non résilients à la chasse ou à la pêche tout en renforçant la sécurité alimentaire des communautés via le développement de sources alternatives de protéines (poulets, poissons d’élevage et éventuellement insectes). Ce programme est une initiative de l’Organisation des États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (OEACP), financée par l’Union européenne et cofinancée par le Fonds français pour l’environnement mondial (FFEM) et l’Agence française de développement (AFD).

Le début de l’année 2021 a été riche en activités pour le programme. Tout d’abord le Profil Juridique Pays synthétisant les résultats des analyses du cadre législatif relatif à la chasse et à la pêche menées depuis deux ans a été finalisé. En outre, la première réunion du groupe de travail établi en vue de réviser l’ordonnance n° 60-126 régissant la chasse et la pêche s’est tenue le 23 février, sous la direction du MEDD.

Du côté des sources alternatives de protéines, au-delà de l’appui continu fourni aux élevages améliorés de poulets et de poissons et aux services vétérinaires associés, une grande étude a été lancée pour analyser la faisabilité et le désir des communautés de développer des élevages d’insectes locaux. Les sept sites du Secteur 1 ont été visités par des experts pour récolter les souhaits des communautés et inventorier les insectes déjà présents, tandis que les trois COBA du Secteur 3 seront visités en mai prochain.
En parallèle, la collecte des échantillons pour l’étude sur la présence de la peste chez les petits mammifères et leurs puces suit son cours. Plus de 150 individus ont déjà fait l’objet de prélèvements, et la collecte continuera jusqu’en mai 2021 avant le début de l’analyse qui se déroulera au sein de l’Institut Pasteur de Madagascar, notre partenaire avec le CIRAD pour cette étude.

Enfin, le 3 mars 2021 fut l’occasion de célébrer la Journée mondiale de la vie sauvage. Un évènement a été organisé à l’Open Classroom de WCS à Maroantsetra, durant lequel une cinquantaine d’enfants et d’adolescents ont participé à des quiz et ont réalisé des performances artistiques (danses, sketchs). Cela leur a permis de les sensibiliser sur l’importance de la faune et la flore sauvages pour le bien-être humain.
Vous voulez en savoir plus sur SWM Programme ? Consultez le portail Internet : https://www.swm-programme.info/, en particulier la page Madagascar sur laquelle vous trouverez une présentation du programme et des témoignages en vidéo.
EDUCATION ENVIRONNEMENTALE
Les sessions maintenues à l’Open Classroom de Maroantsetra
L’Open Classroom (OC) a organisé dix sessions de Saturday school et cinq sessions de Connecting classroom, durant le mois de janvier à février. Le Saturday school permet aux enfants et aux jeunes de découvrir la biodiversité de MaMaBay et de les initier à la conservation de la nature via des séances d’éducation environnementale, des festivals liés à l’environnement et des visites nature.

Le Connecting classroom, quant à lui, a pour objectif d’éduquer les jeunes à la conservation de la biodiversité, à travers la manipulation de la nouvelle technologie.
Les cours et les activités dispensés ont permis aux membres d’apprendre la valeur et l’importance de la biodiversité dans la vie humaine comme la contribution majeure des lémuriens dans la restauration des forêts, mais aussi les liens entre la biodiversité et le changement climatique et la protection de l’environnement. BELALAHY Chanthelin, jeune membre, nous témoigne les avantages du centre : « Pour moi, l’OC est un lieu de découverte parce qu’avant de le fréquenter, je ne savais pas à quel point Madagascar, et en particulier Maroantsetra, est riche en biodiversité. Mais aussi, hélas, à quel point cette biodiversité se dégrade en ce moment, de jour en jour !  L’OC m’a appris à aimer et à défendre les valeurs de cette biodiversité ; c’est pourquoi je suis aussi devenu membre du Junior Reporters Club (JRC) afin de pouvoir mener ma contribution à la sensibilisation de la communauté et surtout des jeunes sur la conservation de la nature. »

 
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